Avec le Boom des applications d’informations nutritionnelles et l’utilisation exponentielle d’internet, les consommateurs se sont transformés. Plus question de consommer n’importe quoi ! Les consommateurs sont aujourd’hui des consomm’acteurs et conso’battants actifs dans leur façon de consommer. Face aux nouveaux défis de l’alimentation, les marques doivent trouver des leviers pour s’adapter. Certaines start-up ont trouvé le bon filon. La Food-Tech regroupe désormais des milliers de start-up qui ont pour ambition d’améliorer la production de la chaîne de valeur alimentaire… et répondre aux nouveaux enjeux de consommation alimentaire.
“On a senti une vraie demande de transparence de la part des consommateurs”
Julie Chapon – créatrice de Yuka pour une interview Les echos
Retour en arrière
Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, un petit retour en arrière s’impose sur les quatres dernières révolutions qui ont marqué notre société.
- En 1784, James Watt invente la machine à vapeur ! C’est la première révolution industrielle.
- En 1870 commence la production de masse avec la fabrication en grande quantité de produits standardisés. C’est la deuxième révolution industrielle.
- En 1969, le premier ordinateur programmable est utilisé. C’est la troisième révolution de masse.
- La quatrième révolution de masse est bien évidemment induite par internet.
Cette quatrième révolution de masse est bien différente des précédentes. Chaque innovation pousse les concurrents à aller plus loin et à changer les modes de vie. On parle de technologie de rupture.
Qu’est-ce qui a changé chez le consommateur ?
Le parcours d’achat, avant la démocratisation d’internet et de la vente en ligne était assez simple : le consommateur achetait le produit après avoir été soumis à un stimulus. Cette étape est appelée le FMOT (First Moment Of Truth). Une fois testé, le consommateur rachète le produit s’il lui convient. On parle de SMOT (Second Moment Of Truth).
Aujourd’hui le parcours client est plus compliqué… et un vrai casse-tête pour les marketeurs… Le consommateur donne son avis. Et gare aux marques qui ne jouent pas la carte de la satisfaction client ! Avant son premier achat chez une marque, le consommateur se renseigne. Réseaux sociaux, plateforme d’avis… il n’est plus question d’acheter les yeux fermés. Dans le parcours d’achat, une étape s’est donc glissée entre le stimuli et le FMOT. Il s’agit du ZMOT (Zero Moment Of Truth). Vous l’aurez compris, la e-reputation d’une marque devient un enjeu incontournable pour les marques.

Qui donne son avis ?
En 2018, 67% des Français déclarent ne plus faire confiance aux marques. La raison est là encore historique. Les crises sanitaires telle que celle de la vache folle a dangeureusement alertée les français. La préoccupation de sa santé est le facteur principal de l’émergence de nouveaux types de consommateurs : les conso’acteurs et conso’battants ! Leur mantra ? consommer mieux et partager leurs expériences à leur communauté.
Les consom’acteurs
Le consom’acteur n’est pas un consommateur comme un autre. Il consomme intelligemment et avec réflexion. Sa consommation est responsable et engagée. Le consom’acteur privilégie les produits locaux, avec une traçabilité de la chaîne de distribution. Les applications telles que Yuka et les avis clients en masse sur internet l’aident dans ses décisions. Il est prêt à boycotter des marques si elles ne rentrent pas dans son éthique et ses valeurs. Le consom’acteur aime faire ses courses dans les AMAP ou directement chez le producteur.
Les conso’battants
Le conso’battants est plus qu’un consom’acteurs. Presque activiste, il donne son avis sur internet. Souvent économiquement contraint, le conso’battant souhaite s’informer et informer, comparer et acheter en connaissance de cause. Son faible pouvoir d’achat l’amène à passer beaucoup de temps pour trouver la meilleure offre et le meilleur produit. Il a une force de frappe importante et peut “dire” à une marque que si elle ne répond pas exactement à ses besoins et ses valeurs il peut se passer d’acheter. Sur internet, ils vont faire la bonne ou mauvaise réputation d’une marque en faisant, entre autres, des retours d’expériences.
Les marques s’adaptent
Pour les marques il est important (et nécessaire) de suivre ses évolutions de consommations. Pour tenter de redresser la barre d’assurance consommateurs, de nombreux labels ont fleuri… mais peinent à trouver leur pertinence. La duplication des labels a tendance à perdre le consommateur. Mais d’autres leviers sont à leur portée. Grâce aux nombreuses datas collectées, elles sont aujourd’hui en capacité de révolutionner la consommation alimentaire. Grâce à ces données, le marketing est capable de prévoir les comportements des consommateurs… et même des consom’acteurs et conso’battants ! On parle de marketing prédictif. Aussi, le consommateur se verra proposer les meilleures offres au meilleur moment. Mieux ! Certaines marques les sollicitent pour créer un produit adapté à leurs attentes ! Pour en savoir plus sur 10 belles initiatives de co-création de produits :
L’autre grand combat des marques pour contenter les consom’acteurs et conso’battants réside dans leur capacité à être transparent. Avec le BOOM de YUKA la composition des produits et sa chaîne de distribution sont passées au peigne fin. Cette révolution fait partie des facteurs principaux qui ont joué un rôle important dans le changement des habitudes de consommation. On peut relever l’essor de structures telle que les AMAP ou « La Ruche Qui Dit Oui ». Pourtant, certaines marques cherchent à s’adapter au mieux aux critères de sélection des applications pour éviter de perdre une part de marché. C’est le cas d’Intermarché, qui, pour répondre aux attentes des consomm’acteurs a changé la recette de 900 produits !
Le futur est déjà en marche
Le marché de l’alimentation voit fleurir de nombreuses start-up. En effet, la foodTech représente une opportunité majeure ! La foodTech est un ensemble d’acteurs se servant de la technologie et de l’IA pour améliorer la production de la chaîne de valeur alimentaire. Elles sont nées pour répondre aux désirs et besoins de transparence, préoccupations sanitaires et environnementales de la population. Depuis 2013, plus de 400 start-up dans la foodtech se sont créées en France. Et les investisseurs et consommateurs semblent apprécier la démarche avec plus de 317 millions d’euros de levées de fonds.
Le grand défi de la FoodTech est d’apporter une meilleure collaboration entre les grands groupes industriels et les petites start-ups. Leur ligne de route ? La transparence pour ne pas retomber dans les travers de l’industrie où le profit prime avant la qualité et la santé des consommateurs.

Chloé Lavat – Pantxika Lurent TD3A



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