L’Open Banking

8 juillet 2022

Obligatoire pour les banques européennes depuis 2018, l’Open Banking bouscule le marché des services financiers et contraint les banques traditionnelles à repenser leur business model avec l’arrivée de nouveaux acteurs du secteur, tels que les Fintechs. Mais qu’est-ce que l’Open Banking ?

Qu’est-ce que l’open banking ?

“Open Banking” est un terme anglophone qui se traduit comme “système bancaire ouvert” en français. Il désigne le partage des données collectées par les institutions bancaires sur leurs clients avec d’autres sociétés, comme les Fintechs. Ce sont des start-ups innovantes qui utilisent la technologie pour révolutionner les services financiers et bancaires.

Les données partagées peuvent être la localisation géographique des agences bancaires et des distributeurs de billets, des services bancaires proposés dans tels ou tels établissements, mais également des données clients.

Comment ça marche ?

L’Open Banking est une technologie qui repose sur l’utilisation d’API (Application Programming Interface) pour le partage de données financières entre les différentes parties. Une API est définie comme “une interface logicielle qui permet de « connecter » un logiciel ou un service à un autre logiciel ou service afin d’échanger des données et des fonctionnalités” selon La Cnil. Dans le cas des banques, elles vont pouvoir en effet échanger des données directement avec une autre banque, même lorsqu’elles utilisent des logiciels différents.

L’API permet également la sécurisation des données afin d’éviter tout accès frauduleux par une personne ou entité étrangère.

Quelles sont les règlementations en vigueur ?

réglementations en vigueur open banking

L’Open Banking est devenue une obligation pour les banques européennes en janvier 2018.

Les directives européennes DME, DSP1 et DSP2 (Directives sur les services de paiement) obligent les banques à partager entre elles une partie des données par le biais d’APIs. Il s’agit plus particulièrement du droit d’accès aux comptes de paiements des clients.

Ces directives ont pour but d’encourager la concurrence dans le secteur, en renforçant la collaboration et en améliorant l’interopérabilité des différents acteurs du secteur, que ce soient les institutions financières traditionnelles, ou les nouveaux entrants comme les Fintechs. Elles sont les bénéficiaires claires de ces directives.

Les banques traditionnelles, quant à elles, se posent beaucoup de questions par rapport à l’Open Banking. L’utilisation par les services tiers des données de leurs clients bénéficient aux Fintechs. En effet, ils ont obtenu une possibilité de développer de nouveaux services ou de les améliorer. Ils utilisent la base des données qui ne proviennent pas des données de leurs clients directs, mais des banques traditionnelles qui sont souvent en retard en termes de nouveaux services digitaux.

Une autre question pour les banques est la cyber sécurité : comment protéger les données client exposées aux services tiers, et lutter contre la cybercriminalité qui se développe depuis la mise en place des services digitaux ?

Les avantages et les challenges de l’Open Banking

fintechs et leur rôle open banking

La directive DSP2 favorise la concurrence dans le secteur bancaire, notamment entre les institutions traditionnelles et les Fintechs.

En effet, elles bénéficient d’une large clientèle, d’une aisance budgétaire et d’une image de marque qui donne un sentiment de sécurité aux nouveaux clients. Cependant, selon l’étude de Wavestone et Elabe, 67% des Français considèrent que les banques ne sont plus adaptées aux nouveaux besoins des clients. 84% estiment que les banques doivent changer leur modèle pour répondre aux nouvelles attentes de la société.

Les Fintechs, quant à elles, sont les pionnières de la nouvelle technologie et de l’innovation. Cela qui pousse les banques à repenser leur offre et leurs services.

Dans ce contexte concurrentiel, les banques traditionnelles cherchent à bénéficier des services proposés par les Fintechs. Par exemple, en 2015 le groupe Crédit Mutuel Arkéa a racheté 86% du capital de la cagnotte en ligne Leetchi. Quelques années plus tard 80% du capital de Pumpkin, une application de paiement et de remboursement instantanné entre particuliers.

Le groupe BPCE a quant à lui racheté Le Pot Commun, un service similaire à Leetchi. En 2017 le PDG du groupe a confirmé que les Fintechs faisaient partie de la R&D et de la capacité d’innovation du groupe.

L’acquisition des startups n’est pas la seule voie pour laquelle optent les banques. Le groupe Crédit Mutuel Arkéa a déjà investi dans Fluo, Grisbee, Yomoni, Linxo, Younited Credit et collabore avec d’autres.

L’avenir de l’Open Banking

Selon l’étude menée par le cabinet d’études Deloitte, 90 % des banques envisageaient de devenir des Open Banks en 2021. L’étude met également en avant trois autres éléments importants concernant l’avenir des banques dû à l’évolution des comportements des consommateurs. Premièrement, 4 Français sur 5 se disent être intéressés par l’idée que leur banque leur propose un service extra financier. Deuxièmement, 9 Français sur 10 réalisent aujourd’hui systématiquement leurs opérations bancaires en ligne. Enfin, que 82% d’entre eux reconnaissent le caractère innovant des FinTech.

La situation sanitaire liée au Covid-19 a également accéléré le développement de l’Open Banking. Selon l’étude réalisée par Tink, 67% de Français déclarent que leur intérêt pour l’open banking a augmenté au cours de la pandémie.

Le modèle traditionnel de la banque où toutes les offres se développent en interne est en train de se transformer. De plus en plus de banques utilisent les produits des fintechs en marque blanche, bénéficiant ainsi, également, de l’Open Banking.

En résumé

L’Open Banking est l’un des facteurs clés de développement et d’innovation dans le secteur bancaire.

Les banques traditionnelles, réticentes au début, ont su trouver un moyen de bénéficier de ce modèle. Ils ont adopté la logique d’interopérabilité avec les Fintechs qui sont avant-gardistes en termes d’innovation. Les Fintechs, quant à eux, bénéficient d’accès aux données sans avoir à s’engager dans de lourdes relations contractuelles avec les structures financières traditionnelles. Cela leur permet une innovation plus agile et rapide.

Les questions de la cyber sécurité qui sont souvent soulevées par les banques restent d’actualité, mais obligent en même temps de renforcer tous les systèmes d’information des banques. Cela permet non seulement la sécurisation les données accessibles via les APIs, mais également tout l’écosystème digital des structures financières.

En résumé, l’Open Banking, bien que challengeant pour les banques traditionnelles, encourage l’innovation et le renforcement de la sécurité dans le secteur bancaire.

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