
La transformation numérique n’est jamais facile. Mais pour les entreprises industrielles avec des processus strictement établis, cela nécessite encore plus d’efforts. Selon le Wall Street Journal, seulement 30% de tous les projets de transformation numérique survivent et donnent de bons résultats. En d’autres termes, 900 milliards de dollars sur 1,3 billion de dollars dépensés sur les nouvelles technologies comme l’impression 3D n’ont abouti à rien.
Si une entreprise est « née numérique », il lui est beaucoup plus facile de s’adapter au nouvel environnement. En outre, elle déploie de nouvelles solutions technologiques plus rapidement. Cette découverte a été faite durant les recherches menées par Protiviti Inc. C’est un cabinet de conseil en gestion des risques créée par la North Carolina State University. Ils ont interviewé 825 entreprises dans le monde entier. Les scientifiques ont découvert que les dirigeants de grandes entreprises ressentent une pression importante au quotidien. Ils évaluent assez haut les risques causés par les startups en termes de conditions macroéconomiques. Bien sûr, cette étude ne nous a rien montré de plus que nous savons déjà. Cela confirme simplement que la digitalisation est cruciale pour les grandes entreprises si elles souhaitent rester compétitives.
Mais comment les entreprises peuvent-elles réussir leur transformation digitale?
Les entreprises industrielles ressentent le besoin de faire monter leurs employés en compétences digitales et de leur proposer diverses formations. Beaucoup d’entre elles recrutent activement des experts en marketing numérique et des data scientists. Selon les chercheurs, de cette façon, ils souhaitent préparer leurs effectifs aux défis à venir et à la transformation numérique.
L’expérience de CNH Industrial
Dans cet article, je voudrais partager l’expérience de mon entreprise dans la transformation numérique. Je travaille actuellement pour CNH Industrial (ex -Fiat Industrial), filiale du groupe automobile PSA. CNH Industrial N.V. est une entreprise multinationale italo-américaine domiciliée aux Pays-Bas. Elle conçoit, produit et vend du matériel agricole et du matériel de construction (Case et New Holland). Ainsi que des camions, des véhicules commerciaux, des autobus et des véhicules spéciaux (Iveco). La société commerciale aussi des groupes motopropulseurs pour les applications industrielles et marines (FPT Industrial). CNH Industrial emploie actuellement plus de 63 000 personnes dans 67 usines et 56 centres de recherche et développement. L’entreprise est présente dans 180 pays.

Au cours de mes premiers jours, j’ai eu la chance de m’entretenir avec le chef de service réingéneering. Ils collaborent régulièrement avec diverses facultés technologiques pour déployer de nouvelles solutions. Leur but est de produire des pièces pour les véhicules. Selon lui, CNH Industrial avait récemment pris la décision d’introduire l’impression 3D dans ses processus de fabrication. Ils souhaitent ainsi produire des pièces détachées pour les bus et les équipements agricoles.
Pourquoi l’impression 3D?
La démarche de CNH Industrial a été motivée par sa volonté de rationaliser les processus de fabrication. Elle souhaite également améliorer la productivité et trouver des méthodes de travail plus durables. Le projet est toujours en cours d’étude. Mais grâce aux partenariats avec des écoles d’ingénieurs parisiennes, ils ont pu mettre en place la technologie de fabrication additive en créant leurs premières pièces détachées 3D.

L’impression 3D ou autrement dit la fabrication additive est « le processus de création des composants à partir d’un fichier numérique pour créer des couches de matériau sous contrôle informatique. Une fois imprimée, chaque pièce est soumise à des tests rigoureux pour s’assurer qu’elle répond aux exigences et spécifications de CNH Industrial. »
L’un des avantages de la production de composants de machines, d’outillage et d’équipements réside dans les nouvelles opportunités de conception. D’ailleurs, il est possible de créer des pièces anciennes qui ne sont plus en production pour des véhicules dont la durée de vie peut aller jusqu’à 30 ans. Cette production à la demande peut devenir l’avantage compétitif de l’entreprise et raccourcir les délais de production.
L’impression 3D est-elle vraiment rentable?
Bien sûr, l’impression 3D est une solution relativement coûteuse, mais parfois le prototypage et la fabrication de seulement quelques pièces à la demande peuvent nécessiter plus d’argent. Pour des entreprises comme CNH Industrial engagées pendant 10 ans dans la fourniture de pièces détachées en cas de casse ou de défaut, cela peut être une solution prometteuse pour optimiser les coûts de fabrication. CNH Industrial sera en mesure de fabriquer des pièces de rechange sur demande. Les clients sont prêts à payer plus cher pour réparer leurs véhicules.
L’impression 3D pourrait aider les entreprises industrielles à résoudre le problème des commandes urgentes spécifiques lorsqu’il faut produire une ou deux pièces sans interrompre la chaîne de fabrication. Il est extrêmement important pour les grosses entreprises de pouvoir bien gérer les stocks et la disponibilité des produits. La fabrication additive pourrait être une bonne solution pour cela.
Fabrication locale des pièces détachées
L’autre avantage de l’impression 3D pour CNH serait la fabrication locale des pièces détachées. CNH Industrial est en mesure d’imprimer chaque produit en 36 heures maximum. Cela dépend de la complexité de pièces détachées. La fabrication additive permet également de minimiser la quantité des ressources utilisées et le temps d’arrêt de machine par rapport aux méthodes de fabrication classiques. Tous les produits sont fabriqués en utilisant du plastique. CNH Industrial est actuellement au stade de tests pour l’usage des composants métalliques, qui vont permettre de fabriquer des pièces plus complexes pour les buses et les véhicules agricoles. Ainsi, le groupe automobile envisage d’accroitre sa capacité de « répondre à tous les types de besoins à chaque étape du cycle de vie du produit».
Selon le porte-parole de CNH Industrial, « L’impression 3D offre d’importants avantages en termes de durabilité, notamment l’optimisation des matières premières, la consommation d’énergie et l’ensemble de la chaîne de fabrication et d’approvisionnement ».
La conclusion
Pour conclure, je tiens à dire que la transformation digitale peut être réussite avec une bonne planification. L’entreprise doit s’assurer que la nouvelle technologie qu’elle souhaite mettre en place va répondre aux besoins réels de ses clients. En cas de l’impression 3D pour les groupes industriels, on peut dire que le stade de développement traditionnel est déjà atteint. Par conséquent, ils sont en mesure de fabriquer des pièces de rechange en optimisant leur coût de production. Afin de minimiser ce dernier, il est crucial d’investir davantage dans la R&D et les activités de normalisation. Je reste convaincue que les groupes industriels vont pouvoir trouver d’autres usages et accroître leur confiance dans cette technologie.
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