En 2007, les entreprises du médicament (LEEM Recherche) publiaient leur livre blanc « Innovation Santé 2015 » et écrivaient1 :
“La médecine vit une véritable révolution. La poursuite des progrès déjà engagés et les nouvelles possibilités offertes par les biotechnologies, la génomique, l’imagerie, les nanotechnologies, les thérapies cellulaires ou géniques permettent une prise en charge nouvelle des pathologies et suscitent d’immenses et légitimes espoirs.”
Aujourd’hui, le digital et les nouvelles technologies, avec une meilleure connaissance et exploitation de la data offrent de nouvelles perspectives. L’innovation médicale vit une véritable révolution.
Des avancées dans les recherches et des découvertes exceptionnelles sont attendues en matière de santé dans les projections à venir.
La e-santé profite à tous
La data dans la santé regroupe plusieurs avantages2 parmi eux :
- Identification de facteurs de risques de maladies et aide au diagnostic,
- Choix et suivi de l’efficacité des traitements,
- Relevé épidémiologique et d’incidence.
Mais la e-santé c’est aussi de nouveaux services pour le patient. Comme la digitalisation des données, un meilleur accompagnement thérapeutique ou un soutien apporté aux médecins. Ainsi, dans un monde en perpétuel mouvement, la digitalisation d’un secteur sensible comme la médecine a permis de démocratiser l’accès aux soins.
On constate donc aujourd’hui :
- un recours aux plateformes de télésurveillance dédiées à l’accompagnement des maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque, hypertension artérielle sévère et insuffisance rénale chronique)
- une démocratisation de la téléconsultation médicale (pratique largement utilisée durant la période covid-19)
- un développement de la télé-expertise qui met en lien des experts pour une meilleure prise en charge des patients3.
Ces éléments relèvent en fait de la télémédecine.
La télémédecine une histoire qui ne date pas d’hier !
La télémédecine a débuté dans les années 1920 par de la téléassistance médicale par téléphone. Puis dès les années 60, quelques pays, comme la France, ont été les précurseurs de cette pratique3. Il a fallu attendre les années 2000 pour que les premières réglementations de la e-santé voient le jour mondialement.
En France, la première loi qui traite de la télémédecine a été votée le 21 Juillet 2009 avec la loi Hôpital, Patient, Santé et Territoire (HPST)4. Puis, s’en ait suivi un décret en 2010 qui recense les 5 actes de télémédecine et leurs conditions de mises en œuvre5.
Concrètement…
Le ministère de la santé défini la télémédecine comme : « une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication. Elle met en rapport, entre eux ou avec un patient, un ou plusieurs professionnels de santé, parmi lesquels figurent nécessairement un professionnel médical (médecin, sage-femme, chirurgien-dentiste) et, le cas échéant, d’autres professionnels apportant leurs soins au patient4. »
On dénombre aujourd’hui 5 actes de télémédecine5 : la téléconsultation, téléexpertise, la télésurveillance, la téléassistance et la régulation.

Ainsi, tous ces changements apportés par la télémédecine ont permis de lutter contre les déserts médicaux en facilitant l’accès de la population à des soins de proximité en répondant à l’insuffisance des personnels médicaux. Ils ont permis également de réduire les coûts en maîtrisant certaines dépenses de la santé (transferts de patients, réduction des passages aux urgences, etc.)5 ; mais aussi d’accélérer et d’améliorer la qualité et la prise en charge des patients.
La e-santé au service des maladies chroniques !
Dans une volonté de toujours pousser la digitalisation des données, on retrouve l’acte de télésurveillance médicale.
Tout d’abord, définissons la : il s’agit d’un « acte qui permet à un professionnel médical d’interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d’un patient et, le cas échéant, de prendre les décisions relatives à la prise en charge de ce patient« 4. Le programme ETAPES (Expérimentations de télémédecine pour l’amélioration des parcours en santé) en défini les objectifs4 :
- Cibler les patients à risque d’hospitalisations récurrentes ou des patients à risque de complications à moyen et long terme.
- Parvenir à un état de stabilité ou l’amélioration de la maladie. Il facilite l’accès rapide à l’avis d’un spécialiste dans son domaine.
- Améliorer la qualité des soins et leur efficience.
- Améliorer la qualité de vie des patients.
De ce fait, depuis 2017, avec l’augmentation des patients souffrant de maladies chroniques liée au vieillissement de la population, les plateformes de télésurveillance médicale se développent davantage.
Elles ont pour vocation d’aider les patients à gérer leurs maladies au quotidien et aux médecins de mieux les accompagner.
Mais en quoi consiste ces plateformes de télésurveillance?
Prenons l’exemple de la start-up française DIABNEXT. Sa mission consiste à accompagner les patients diabétiques dans la gestion et le suivi de leurs maladies.
Cette solution s’articule autour d’une application pour les patients et une plateforme web pour les professionnels de la santé. DIABNEXT digitalise tous les équipements utilisés par les patients au quotidien: les stylos et pompes à insuline, les capteurs de glycémie et les glucomètres. Ces équipement sont ainsi reliés par des capteurs et les données sont automatiquement récoltées et traduites dans l’application patients.
Cette innovation permet au patient d’anticiper ses glycémies et de mieux se suivre, mais aussi de communiquer avec son médecin via une messagerie instantanée. Aussi, elle permet au médecin de consulter les courbes de son patient et de réévaluer son traitement au besoin directement via la plateforme.
En automatisant leurs données cliniques, et en les digitalisant, ces plateformes permettent d’assurer une remontée des données en direct et un suivi rapproché.
Finalement, la télésurveillance représente une véritable révolution dans la gestion des maladies chroniques pour les patients et pour l’ensemble des professionnels de la santé.
En conclusion…

La digitalisation de la santé, loin d’être le plus évident au départ a fait ses preuves et continue ses avancées. A travers la récolte des données des patients et leur exploitation dans des solutions de plus en plus connectées et intuitives, la e-santé se veut rassurante et anticipative.
Finalement, ces solutions permettent concrètement aux patients de gagner en autonomie quotidiennement et aux médecins de mieux orienter leurs diagnostics. Aussi, un suivi rapproché et personnalisé retardera la survenue des complications de certaines maladies. Et enfin, la télémédecine facilite les échanges entre professionnels de la santé quelques soient leurs lieux d’exercice dans le monde…
Au même titre que d’autres industries, la e-santé n’a pas dit son dernier mot… quelles innovations viendront donc révolutionner la santé dans les années à venir ?
Sources de l’article
- https://www.leem.org/sites/default/files/Sante2025_LivreBlanc_BD.pdf
- https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/big-data-en-sante
- https://www.leah.care/blog/histoire-de-la-telemedecine/
- https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/prises-en-charge-specialisees/telemedecine/article/la-telemedecine
- https://www.vie-publique.fr/eclairage/18473-telemedecine-pratique-en-voie-generalisation



J’ai énormément apprécié ce blog, excellent sujet