Idée qui aura déjà séduit bon nombre de jeunes gens en recherche d’un nouveau challenge ou d’une reconversion, il est aujourd’hui possible, grâce à ce don du ciel qu’est le Bootcamp, de se reconvertir quasiment du tout au tout en l’espace de seulement 9 semaines.
Chaque mois, de nombreux étudiants à peine sortis de leur programme d’école de commerce ou de faculté se lancent corps et âmes dans cette nouvelle aventure qui, se disent-ils, leur conférera un profil polyvalent. Mêlant la créativité de leurs connaissances théoriques avec cet atout rare chez les jeunes diplômés d’école de commerce : Une expertise technique.
Oui mesdames, il s’agit bien ici du nerf de la guerre, un savoir à double tranchant qui les rendra redoutable sur ce marché du travail à l’actualité trouble. Mais quelle est cette formule soi-disant magique qui permettrait à n’importe qui de se démarquer de la sorte ?
Devant vos yeux ébahis, la réponse est pourtant si simple : Le Bootcamp (nous nous attarderons aujourd’hui sur le programme du Wagon, que j’ai suivi en été 2019).
La promesse du bootcamp
9 semaines pour tout changer, 9 semaines pour apprendre les rouages d’un art autrefois boudé et aujourd’hui fer de lance de notre économie numérique, 9 semaines pour apprendre les rudiments du code et savoir créer son propre site web from scratch.
Promesse alléchante s’il en est, d’autant que le programme est ouvert à tout profane n’ayant pas touché à une ligne de HTML de sa vie et ne requiert strictement aucun savoir préalable. La formation se veut donc rassurante et efficace, car ce n’est pas une mince affaire que de promettre à tout individu lambda d’être capable de coder AirBnB (excusez du peu) en seulement un été. C’est en tout cas ce qui m’a été dit le premier jour de mon arrivé au Wagon. J’avais du mal à y croire tant cette affirmation me paraissait aberrante.
Mais nous voici. 7 semaines plus tard. Et en effet, Pochtrons.club, le rejeton maléfique de AirBnB, était né. (Nous avions évidemment toute liberté sur la direction artistique de notre site)

Pochtrons.club
Le profil type
Après tout ce que vous avez déjà pu lire, vous vous imaginez probablement le profil type d’un étudiant du Wagon comme un jeune de 22-26 ans, suivant un programme en école supérieure voire fraichement diplômé, qui souhaite apprendre à code par curiosité ou pour se réorienter ?
Et bien oui. Mais pas que.
En effet, bien que la moyenne d’âge se trouve autour des 27-30 ans (on est déjà bien au dessus des jeunes diplômés), l’âge de mes camarades de promotion allait de 18 à ~50 ans (oui, à cet âge là ça se fait plus trop de demander, donc j’ai mis un ~). Quant à leur situation, certains étaient étudiants, certes, mais d’autres peintres, producteurs de musique, travaillant dans la finance, consultants en cabinet, en startup, dans le social, ou sortaient de 10 ans passés dans un monastère (si si, c’est véridique). Bref, j’étais en fin de compte un profil minoritaire, et pour le mieux.
L’un des aspects les plus mis en avant par le Wagon dans leur communication à destination des “jeunes comme moi”, était le “Syndrome de l’imposteur”, cette impression d’avoir traversé 5 ans d’école sans avoir réellement rien appris et sans réaliser sa valeur (Mais ça c’était avant de rejoindre le Master MDCE de Skema bien évidemment). Des différents échos et témoignages d’élèves du Wagon avec qui j’ai pu m’entretenir, beaucoup en souffraient et le Wagon leur offrait une porte de sortie sur-mesure, que demander de plus ? D’autant que le Wagon permet d’obtenir un certificat de développeur web équivalent à Bac +2 si l’on valide les pré-requis.
Bref, tout ça pour vous dire que tout le monde peut coder.

Les langages étudiés
Rentrons enfin dans le vif du sujet. Le wagon c’est 9 semaines de bourrage de crâne et de travail intense. Nous avons été mis en garde à plusieurs reprises :
- Au moment de postuler
- Lors de l’entretien de pré-acceptation (il y en a un, oui)
- Dans les différents mails reçus lors des semaines précédant le bootcamp
- Le jour de la rentrée
- A peu près tous les jours lors du bootcamp
Et pourtant, beaucoup d’entre nous n’étaient pas prêts.
Nous parlons bien ici de 9 semaines de code, de 9 à 19h du lundi au vendredi, sans jours fériés. L’objectif étant de faire de vous un développeur “Fullstack” (donc capable de coder aussi bien en front-end qu’en back-end).
Voici une liste non-exhaustive des langages et technologies étudiées lors du bootcamp :
- HTML (front)
- CSS (front)
- Javascript (front et back)
- Ruby (back)
- Rails (framework utilisé pour Ruby. Si ça ne vous parle pas, c’est normal)
- Git (Outil de gestion des versions de code. Si ça ne vous parle pas, c’est normal)
- SQL (Base de données)
Vous dormirez code, mangerez code et parlerez code pendant 9 semaines, sans interruption.

Le programme
Vous commencerez, lors des 7 premières semaines par apprendre à maîtriser les bases du back-end avant de vous orienter vers le front-end (qui peut paraitre plus sympa car c’est là où on apprend à designer un site, c’est en réalité un cauchemar) ou le Javascript (je n’ose même pas en parler). Chaque jour un nouveau binôme vous sera attribué, avec qui vous devrez réaliser les exercices du jour en évitant la crise de nerf.
La 7eme semaine se caractérise par votre premier réel travail de groupe, la fameuse confection de votre site AirBnB ! Probablement la semaine la plus détendue, car il s’agit ici de se faire plaisir et d’imaginer le site de votre choix autour du concept AirBnB (cf: Pochtrons.club).
Les 8 et 9eme semaines du bootcamp sont l’apogée de votre expérience au Wagon, là où vous devrez mener à bien votre projet de groupe. A vous de choisir le projet, de planifier la confection de votre site/app web avec vos coéquipiers, et vous n’avez que deux semaines pour que le résultat tienne la route avant le Demo-Day, jour lors duquel chaque équipe viendra présenter son travail devant le batch (sa promotion), les professeurs et intervenants, mais également tous les invités conviés ce soir là. Bref, ce sont près de 100-150 personnes qui y ont assisté lors du Demo-Day des Batch #290 et #291. Attention alors à ce que votre projet tienne la route et fonctionne afin de ne pas vous planter en plein live.
Les débouchés
Le Wagon a cet avantage qu’il est aujourd’hui de plus en plus connu par les entreprises et réputé pour son exigence et la qualité de sa formation. Fort de près de 8000 alumnis à travers le monde, il représente un vrai réseau qui vous accompagnera de votre arrivée au Wagon jusqu’à votre départ du monde des vivants.
Le Wagon possède 40 “centres de formation” partout dans le monde, il vous sera donc facile de parler avec des alumnis à l’étranger ou en France pour entretenir votre réseau et explorer de nouvelles opportunités.
Un service Carrières interne au Wagon existe également, ce qui vous permet d’être au courant des dernières offres au sein du réseau du Wagon en priorité.
Là où certains de mes anciens camarades de Batch se sont lancés dans l’aventure de l’entrepreneuriat et ont lancé leur propre site web, d’autres se sont orientés vers des postes plus tech, type Product Manager, et ont ainsi pu changer de métier.
Mais ne vous imaginez toutefois pas que ce bootcamp de 9 semaines suffira à faire de vous un dev senior travaillant pour Facebook. Vous serez toujours au pied de la montagne, mais aurez désormais des chaussures d’escalade et des cordes afin de commencer votre ascension. La compréhension du métier de dev, des outils utilisés, mais surtout de la logique du code vous donneront les clés pour progresser dans ce milieu et monter en compétences sur ces technologies, mais ne représentent pas une fin en soi. C’est là qu’intervient la communauté du Wagon, qui représente un vrai puits de connaissance pour peu que vous vous y intéressiez.
Le bilan un an plus tard
Voilà un an que j’ai mis les pieds au Wagon, et 9 mois que j’en suis sorti, et à peu près aussi longtemps que je n’ai pas réellement codé. Et c’est un problème, car le code c’est pas comme du vélo, ça s’oublie ! Mais ça revient aussi extrêmement vite lorsqu’on s’y remet.
Je garde un excellent souvenir de cette formation et des connaissances que j’y ai apprises, et ne saurai que recommander à d’autres personnes dans mon cas de se jeter dans cette aventure, malgré son prix très élevé (un point délicat qui n’a pas été abordé jusqu’à présent).
Bien que je ne me sois pas réorienté drastiquement vers un métier tech, je sais que j’ai toujours les compétences pour évoluer là dedans, et pourquoi pas un jour devenir le Mark Zuckerberg de demain si l’envie me prend. Ceci étant dit, cette expérience m’aide quasiment tous les jours dans mon métier aujourd’hui, et les dev viennent régulièrement me demander conseil, ils savent que ma porte est ouverte.
En somme, j’exhibe encore aujourd’hui très fièrement mon Certificat de Développeur Web de niveau RNCP2 dans un cadre en or massif dans mon salon, et prends un malin plaisir à utiliser des raccourcis clavier de l’espace devant mes collègues pour les impressionner.
Et ça, ça n’a pas de prix.




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