Le numérique, en constante évolution ces dernières années, est aujourd’hui indispensable dans la société. Il est donc primordial de s’interroger sur les effets de la transition numérique sur l’écologie. Nous devons en comprendre les impacts tels qu’ils existent aujourd’hui. Afin de s’assurer que le numérique est, et continue d’être pertinent au regard des objectifs et défis, notamment environnementaux, de notre siècle.
Impact du numérique sur l’environnement
Le numérique : un impact écologique conséquent
Au départ, le numérique n’est pas bon ou mauvais pour l’environnement. En effet, c’est l’utilisation que nous en faisons qui va déterminer ses impacts. Dans notre société actuelle, soit une société basée sur la surconsommation et qui prône l’hyper connexion, l’impact est fort.
En effet, les GAFAMS (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), de qui nous tendons à dépendre de plus en plus, nous laissent penser que nous pouvons faire davantage de choses en un temps toujours plus rapide. Et, c’est cela la “magie du numérique”. Nous sommes dans une société de l’immédiateté, ainsi pour la moindre de nos actions nous utilisons désormais le numérique, qui simplifie notre quotidien. De ce fait, c’est notre manière de consommer le numérique qui l’a fait devenir un problème et un facteur de dérèglement climatique. A tel point qu’aujourd’hui, d’après The Shift Project, le numérique représente 4% des émissions de gaz à effet de serre mondiales, soit 1,5 fois plus que l’aviation civile. (Source : The Shift Project, https://theshiftproject.org/article/pour-une-sobriete-numerique-rapport-shift/ )
De ce fait, l’objectif n’est pas de stopper le développement du numérique. Il faut apprendre à l’utiliser de manière plus “verte” et plus “sobre”. Ce qui permettra de continuer son expansion en réduisant ses impacts sur l’environnement. L’objectif est donc de concilier la transition numérique avec les préoccupations écologiques existantes.
La pollution cachée
Lorsque l’on parle de pollution numérique nous parlons souvent de pollution cachée. En effet, pour beaucoup, le numérique et son utilisation sont intangibles. De ce fait, il est difficile de considérer l’impact écologique comme réel et donc de tendre vers une transition numérique et écologique.
Cependant, le numérique n’est pas immatériel. En effet, il est constitué d’éléments plus matériels les uns que les autres. C’est le cas par exemple, des ordinateurs, écrans, smartphones, que nous utilisons au quotidien. Le numérique implique également des éléments permettant de réaliser nos actions numériques. Nous parlons ici des millions de kilomètres de câbles en cuivre et de fibres optiques qui traversent notre planète, ou encore des milliers de centres informatiques et de centres de stockage de données (aussi appelés data centers).


Ainsi, pendant de nombreuses années nous avons vu le numérique comme la solution qui allait participer à la dépollution. La digitalisation et la dématérialisation allaient nous aider à réduire notre impact sur l’environnement tout en simplifiant nos actions quotidiennes. Cependant, ce n’est pas le cas : le numérique n’est pas une solution “miracle”. En effet, l’impact du numérique sur l’environnement est bel et bien réel, d’où la nécessité de tendre vers une transition numérique et écologique.
Les Data Centers, un impact environnemental important
De nos jours, les centres de stockage de données, posent de réelles problématiques environnementales. En effet, chacune de nos actions numériques effectue une liaison avec ces centres de données pour être traitées. Comme le trafic mondial augmente considérablement, les centres de données stockent et traitent de plus en plus de données. De ce fait, l’impact sur l’environnement s’accroît lui aussi, ce qui va à l’encontre de la transition numérique et écologique.
D’un point de vue environnemental, les impacts des data centers concernent :
- la consommation d’électricité,
- le rejet de CO2 mais aussi,
- la consommation d’eau qu’ils nécessitent.
Ainsi, les data centers sont très énergivores et consomment énormément d’électricité. L’électricité est utilisée pour faire fonctionner ces centres de données et tous les serveurs qu’ils accueillent. Mais, également pour refroidir les datas centers. En effet, autant de machines constamment allumées et sollicitées rejettent de la chaleur qu’il est primordial d’éliminer pour éviter les pannes. C’est ici que nous retrouvons l’eau ! Afin de refroidir ces data centers d’énormes quantités d’eau sont nécessaires. Ce qui participe à la pollution.
En revanche, des solutions existent
Afin de réduire l’impact des data centers sur l’environnement et de tendre vers une transition numérique écologique, des solutions ont déjà été mises en place. Il existe notamment des techniques de refroidissement plus vertes. C’est le cas du free cooling, qui consiste à refroidir l’air chaud généré par les serveurs de manière naturelle, en utilisant de l’eau ou de l’air à basse température. Cela permet de réduire l’impact environnemental des data centers en économisant l’énergie. Il existe différentes méthodes de free cooling, partiellement ou totalement écologiques.
Certains acteurs du secteur du numérique ont aussi décidé d’immerger directement les serveurs dans des liquides (eau, huile) afin de limiter la surchauffe. C’est le cas de Microsoft qui a immergé ses serveurs dans l’océan au large de l’Ecosse, ou encore d’Alibaba, le géant de l’e-commerce chinois qui a pris la décision d’immerger ses serveurs dans de l’huile, un liquide qui serait plus efficace que l’eau.
D’autres techniques plus radicales comme déplacer voir, créer des data centers dans des environnements naturellement froids (pays du Nord), ont aussi été mises en place. Mais, certains acteurs du secteur, utilisent aussi des techniques de réutilisation de la chaleur ou d’augmentation de la température des centres de données (qui tolèrent une température d’environ 30° actuellement).
Ces solutions permettent déjà de tendre vers une transition numérique et écologique.
La 5G et ses impacts environnementaux
La 5G, qui fait beaucoup parler ces dernières années, est aussi soumise aux enjeux environnementaux. Le futur et actuel déploiement de la 5G connaît de nombreuses problématiques que cela soit économiques, énergétiques, sanitaires, d’usages et géopolitiques.
Les enjeux du développement de la 5G sont actuellement de 2 ordres :
- Les impacts directs sur l’environnement et l’augmentation du trafic du numérique,
- Les risques sanitaires pour les populations à cause des ondes qu’elle va émettre.
En effet, même s’il a été démontré que la 5G consommera moins d’électricité que la 3G et 4G, cela ne signifie pas que l’impact environnemental sera moindre.
De ce fait, en plus des soucis de consommation d’énergie que nécessite la 5G, nous allons être confrontés à une vague d’obsolescence prématurée. En effet, les smartphones et autres objets connectés ne seront pas tous compatibles avec la 5G. Ce qui pourrait motiver les consommateurs a changer prématurément de matériel. La 5G contribue donc, indirectement mais sûrement, à l’augmentation considérable de notre empreinte numérique. A l’heure ou nous devons réduire considérablement notre empreinte sur la planète, le déploiement de la 5G semble nous conduire au contraire sur la voie de la fabrication intensive de nouveaux équipements sollicitant minerais, énergie, eau et autres ressources.
Il est donc primordial de nous questionner sur l’utilité de la 5G. Est-ce que le déploiement de la 5G est, en 2021, nécessaire à l’utilisation de nos objets numériques et connectés ? En effet, le déploiement de la 5G va à l’encontre de la transition numérique et l’écologie.
Des solutions existantes pour concilier transition numérique et écologie
Comme nous l’avons vu précédemment, certaines solutions (exemple des data centers) qui tendent à diminuer l’impact environnemental du numérique existent. En effet, il est important de souligner que de nombreux chercheurs et spécialistes se penchent jour après jour sur la recherche de ces solutions qui tendent à concilier transition numérique et écologie.
L’écoconception, une solution pour allier numérique et écologie
L’éco-conception apparaît comme l’un des éléments indispensables permettant de réduire l’impact environnemental du numérique. C’est donc un élément favorable permettant de lier transition numérique et écologie. Ainsi, à titre d’exemple et afin d’aider et d’accompagner les individus dans cette démarche, GreenIT et le collectif Conception Numérique Responsable, développent conjointement des outils d’éco-conception. Ils ont déjà permis d’obtenir des résultats probants comme diviser par trois l’empreinte énergétique d’un site Internet, tout en améliorant l’expérience utilisateur.
D’un point de vue plus individuel, de nombreuses solutions peuvent être appliquées. Ce sont ces petits gestes du quotidien qui pourront amener vers une amélioration globale. Il est important de changer nos usages actuels du numérique.
Même si des solutions sont envisagées pour réduire l’impact du numérique, il reste encore beaucoup d’actions à mettre en place. Et cela passe notamment par la prise de conscience de tous les acteurs et à toutes les échelles : les gouvernements, les entreprises, et les consommateurs.
Une prise de conscience nécessaire
De ce fait, la prise de conscience est importante et doit être immédiate ! Les impacts négatifs du numérique sur l’environnement ne sont plus à prouver. Il faut désormais agir et apprendre à concilier transition numérique et écologie.
Ainsi, de plus en plus d’acteurs se préoccupent de l’impact du numérique sur l’environnement. C’est un élément positif car plus les acteurs seront nombreux à s’unir et à se mobiliser, plus il y aura de changements afin de concilier le numérique et l’écologie. Nous avons donc deux axes de solutions : celles déjà en place, ainsi que celles à mettre en place.
Des actions des gouvernements pour concilier transition numérique et écologie
Les gouvernements se préoccupent de plus en plus de l’environnement, des enjeux de la transition numérique et écologique et notamment de l’impact environnemental du numérique. Ainsi, de nouvelles lois apparaissent petit à petit afin de préserver l’environnement mais aussi de limiter nos impacts.
De l’accord de Paris pour l’environnement au niveau mondial, au pacte vert de l’Europe en passant par la convention citoyenne pour le climat en France, des mesures de changement sont prises pour la protection de l’environnement.
Certains citoyens aussi s’engagent dans ce combat. Mais, pour construire cette transformation et qu’elle soit légitime et durable, il faut que la crise climatique soit comprise et prise au sérieux, non seulement par les gouvernements mais aussi par les entreprises en tant que telles. Des transformations au plus haut niveau des entreprises doivent être effectuées, et la crise doit être intégrée et prise en compte dans les décisions. De ce fait, il faut continuer à s’appuyer sur les principes et lois imposées par les Etats, mais aussi orienter la RSE et aller au-delà. En effet, c’est en agissant tous ensemble et en commençant par les plus hauts niveaux que nos actions vont pouvoir changer l’avenir de l’impact du numérique sur notre planète.
Par ailleurs, les gouvernements du monde entier initient des actions pour un numérique plus sobre. C’est le cas du gouvernement français qui commence à accorder de l’importance à l’impact du numérique sur l’environnement.
RSE en entreprise
En effet, l’émergence des nouvelles utilisations du numérique a transformé le paysage dans lequel les entreprises évoluent. Il est donc indispensable de prendre en compte cette transformation pour tendre vers une transition numérique et écologique. Le numérique représente désormais pour les entreprises de réels enjeux, opportunités mais aussi risques à maîtriser.
Ainsi, la RNE (Responsabilité Numérique des Entreprises) s’exerce dans de nombreux champs liés à l’utilisation du numérique en entreprise. Une entreprise qui se veut numériquement responsable doit répondre à de nouveaux enjeux majeurs. Ces enjeux concernent :
- Les objectifs de développement durable,
- Le respect du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD),
- L’éthique liée à l’Intelligence Artificielle (IA)
- La responsabilité sociétale liée à l’utilisation des données et la transformation des modes de travail,
- Environnement et la prise en considération des impacts environnementaux directs et indirects liés des entreprises.
De ce fait, de nouvelles solutions sont mises en place dans les entreprises afin de réguler l’impact du numérique sur l’environnement, et appliquer des politiques de “green IT” dans les entreprises.
En résumé, l’impact du numérique sur l’environnement est réel. Nous devons donc agir afin de limiter au maximum cet impact. Ainsi, de nombreux efforts sont encore à fournir de la part de tous les acteurs du numérique. Ces efforts doivent êtres individuels et collectifs. Une remise en question sur nos modes de consommation du numérique devrait être primordiale. L’objectif est d’arriver à concilier transition numérique et écologie.
Eva LOUISON – TP3A
Alicia SPORENO – TP3B



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