Google fait disparaître une grosse partie des résultats produits gratuits en Europe

21 septembre 2026

Un e-commerçant européen peut avoir un catalogue parfaitement renseigné dans Google Merchant Center, des produits éligibles aux résultats gratuits et constater malgré tout une chute brutale de leur visibilité dans Google Search.

Ce n’est pas forcément son flux qui vient de casser.

Depuis la mi-septembre, les carrousels organiques de produits, notamment les blocs « Popular products », ont pratiquement disparu de nombreuses pages de résultats dans l’Espace économique européen.

Les premières mesures sont spectaculaires : Productrise observe des baisses de l’ordre de 90 à 100 % dans plusieurs marchés disposant de suffisamment de données, notamment la France, l’Allemagne, la Belgique, la Suède et les Pays-Bas.

Pendant ce temps, les mêmes formats continuent d’être observés aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Australie.

Le changement n’est donc pas mondial.

Il est européen.

Et il ne s’agit pas simplement d’un nouveau test graphique de Google.

Ce qui vient de disparaître des résultats Google

Depuis plusieurs années, Google peut afficher directement dans ses résultats des blocs de produits issus des données envoyées par les marchands.

Photo.

Prix.

Nom du produit.

Marchand.

Avis.

Disponibilité.

Ces résultats ont une particularité plutôt appréciable pour un e-commerçant : une partie peut apparaître sans campagne Google Ads.

Les fameux free listings ont progressivement permis à Merchant Center de devenir autre chose qu’un simple outil destiné à Shopping Ads.

Un catalogue correctement structuré pouvait également alimenter différentes surfaces gratuites de Google.

Parmi elles figuraient les carrousels produits affichés directement dans les pages de résultats de recherche.

Or c’est précisément cette visibilité qui vient de subir un changement brutal dans l’EEE.

Selon les mesures publiées par Productrise, les blocs « Popular products » ont presque entièrement disparu de nombreuses requêtes commerciales européennes en quelques jours.

Search Engine Roundtable rapporte par ailleurs que Google a confirmé que la suppression était liée aux changements opérés en Europe dans le cadre du Digital Markets Act.

Pour un marchand habitué à regarder ses performances chaque lundi matin, la conséquence peut être assez simple :

moins d’impressions ;

moins de clics gratuits ;

et éventuellement moins de ventes issues de Google.

Avec, pour commencer la semaine, cette agréable question :

qu’est-ce qu’on a cassé ?

La réponse peut être : rien.

Une chute de 90 à 100 % observée dans plusieurs pays européens

Il faut rester prudent avec les chiffres.

Google n’a pas publié de tableau officiel annonçant : « nous avons supprimé 97 % des carrousels produits en France ».

Les données disponibles proviennent d’outils qui observent les pages de résultats.

Mais le signal est difficile à ignorer.

Productrise suit quotidiennement plusieurs milliers de requêtes et constate une diminution d’environ 90 à 100 % de la présence des carrousels dans les pays européens où son échantillon est suffisamment important.

La France fait partie des marchés concernés.

Les observations rapportées par Search Engine Roundtable vont dans le même sens.

Le point particulièrement intéressant est géographique.

La rupture apparaît dans l’Espace économique européen, alors que les marchés situés hors de cette zone ne connaissent pas la même chute.

Cela permet raisonnablement d’écarter l’hypothèse d’une simple mise à jour mondiale du design de Google Search.

Non, Google Shopping gratuit n’a pas complètement disparu

C’est probablement la nuance la plus importante de cet article.

Google n’a pas annoncé la disparition totale des free listings en Europe.

La documentation Merchant Center explique toujours qu’un marchand européen peut sélectionner un Comparison Shopping Service, ou CSS, pour le représenter dans les résultats produits gratuits.

Google précise également que certaines surfaces existent au-delà des pages générales de Search, notamment Shopping, YouTube et d’autres environnements selon l’éligibilité du CSS utilisé.

La documentation officielle explique ainsi toujours comment utiliser les free listings avec un CSS en Europe.

Il serait donc incorrect d’écrire :

« Google Shopping gratuit est mort en Europe. »

Ce qui vient de changer est plus précis et néanmoins très important :

une grosse partie de la visibilité organique produit directement intégrée aux pages classiques de Google Search a disparu ou a été profondément réorganisée dans l’EEE.

Pour un e-commerçant, la nuance juridique et technique est importante.

Pour le graphique de trafic, elle peut l’être un peu moins.

Pourquoi Google fait-il ce changement en Europe ?

Pour comprendre ce qui se passe, il faut regarder du côté du Digital Markets Act.

L’un des reproches formulés depuis des années à l’encontre de Google concerne l’auto-préférence : Google contrôle le moteur de recherche et peut simultanément y mettre en avant ses propres services spécialisés.

Shopping en est l’exemple historique.

La réponse de Google consiste désormais à modifier spécifiquement l’expérience de recherche dans l’Espace économique européen.

Depuis septembre, Google possède même une documentation Search Central consacrée aux différences régionales de ses résultats.

On y trouve désormais deux notions particulièrement importantes pour le commerce :

l’unité d’agrégation ;

et l’unité de fournisseur.

Autrement dit, la page de résultats européenne commence à fonctionner différemment du reste du monde.

Bienvenue dans le SEO régional.

Comme si le métier manquait encore de variables.

Les comparateurs reviennent au centre du jeu

L’Aggregator Unit documentée par Google est destinée aux services de recherche verticale.

Pour les produits, cela inclut notamment les Comparison Shopping Services.

Ces acteurs peuvent fournir à Google les données permettant de constituer un bloc de résultats.

Google indique que les résultats de l’agrégateur le mieux classé sont développés par défaut et que les clics effectués dans ce bloc dirigent directement vers le site de l’agrégateur.

C’est une différence majeure.

Dans le modèle historique, Google pouvait afficher directement un produit provenant du catalogue d’un marchand et envoyer le visiteur vers celui-ci.

Dans cette nouvelle architecture, un intermédiaire peut reprendre une place beaucoup plus visible entre la recherche et le marchand.

Google prévoit parallèlement une Supplier Unit destinée aux fournisseurs directs.

Pour les produits, un marchand peut donc également apparaître en tant que fournisseur direct.

Google précise qu’il n’est pas nécessaire de fournir des données supplémentaires au-delà de celles accessibles lors du crawl pour être éligible à cette unité, même si des flux peuvent enrichir les résultats.

Une particularité mérite cependant d’être relevée :

la Supplier Unit n’apparaît que lorsqu’une Aggregator Unit est elle-même affichée.

Le comparateur n’est donc plus nécessairement le vieux site intermédiaire que Google avait progressivement relégué derrière ses propres fonctionnalités.

Il redevient une composante explicite de la SERP européenne.

Qu’est-ce que cela change pour un e-commerçant français ?

La première conséquence est évidente : une perte de visibilité gratuite est possible même si rien n’a changé sur le site.

Cela complique sérieusement le diagnostic SEO.

Une baisse d’impressions produit peut habituellement faire chercher :

un problème de flux ;

des produits refusés dans Merchant Center ;

une modification des données structurées ;

un problème de prix ;

une perte de positions ;

une désindexation ;

ou une modification technique du site.

Il faut maintenant ajouter une autre possibilité :

Google n’affiche tout simplement plus le même format.

La deuxième conséquence concerne la dépendance aux intermédiaires.

Google explique toujours que les marchands européens peuvent travailler avec un ou plusieurs CSS et qu’un CSS doit être sélectionné pour les représenter dans les free listings en Europe.

Le choix du CSS, longtemps considéré par certains marchands comme une subtilité essentiellement liée à Shopping Ads, mérite donc un nouveau regard.

La troisième conséquence est stratégique.

Lorsqu’une source gratuite de visibilité diminue, les alternatives deviennent mécaniquement plus importantes :

SEO classique ;

Google Ads ;

CSS ;

marketplaces ;

email ;

social ;

affiliation ;

accès direct ;

et, désormais, visibilité dans les interfaces IA.

Diversifier son acquisition reste beaucoup moins spectaculaire qu’une stratégie « growth » en quinze slides.

Cela fonctionne néanmoins assez bien lorsque Google déplace les meubles.

Comment vérifier si votre trafic a déjà été touché ?

Avant de modifier le flux Merchant Center ou d’appeler le développeur, il faut commencer par mesurer.

Premier réflexe : Merchant Center.

Comparer les performances des free listings avant et après le 15 septembre.

L’objectif est de repérer une rupture brutale sur les impressions et les clics gratuits.

Deuxième réflexe : Search Console.

Observer les requêtes commerciales et les pages produit.

Une baisse concentrée sur les fiches produit alors que les autres typologies de pages restent stables constitue un signal intéressant.

Troisième réflexe : Analytics.

Le trafic organique n’est pas une finalité.

Si les impressions ont chuté mais que les ventes sont stables, l’impact business n’est évidemment pas le même que si les deux courbes plongent ensemble.

Quatrième réflexe : regarder les SERP.

Pas seulement son outil SEO.

Effectuer quelques recherches représentatives depuis la France permet de constater les formats réellement affichés et la place occupée par les nouveaux blocs d’agrégateurs.

Enfin, il faut éviter de comparer uniquement deux journées.

Week-end, saisonnalité, campagnes, stocks et promotions peuvent largement polluer l’analyse.

Le bon diagnostic croise plusieurs sources.

Le flux produit reste-t-il encore important ?

Oui.

Et probablement davantage.

Ce changement ne signifie pas qu’il faut abandonner Merchant Center sous prétexte qu’un carrousel a disparu.

Google continue d’utiliser les données produit dans de nombreux environnements.

Shopping Ads évidemment.

Mais également ses surfaces gratuites éligibles, ses comparateurs et de plus en plus ses expériences assistées par IA.

Parallèlement, la nouvelle architecture européenne repose elle-même largement sur des données structurées, des flux et des intégrations entre fournisseurs et agrégateurs.

La conclusion est donc presque paradoxale.

Google réduit une forme de visibilité gratuite alimentée par le catalogue…

mais le catalogue devient toujours plus important pour être compris et distribué dans son écosystème.

Le sujet n’est plus simplement :

« Mon flux Merchant Center est-il valide ? »

Il devient :

« Où mes données produit sont-elles distribuées, par qui, et quel trafic chaque canal me renvoie-t-il réellement ? »

C’est une question nettement moins confortable.

Mais beaucoup plus utile.

Que retenir de cet article ?

  • Les carrousels organiques de produits comme Popular products ont quasiment disparu de nombreuses SERP dans l’EEE depuis la mi-septembre 2026, avec des baisses observées de 90 à 100 % dans plusieurs marchés européens, dont la France.
  • Le phénomène est géographique : les mêmes observations ne sont pas constatées sur plusieurs marchés hors EEE.
  • Google Shopping gratuit n’a pas entièrement disparu : Google documente toujours les free listings et leur utilisation via les CSS en Europe.
  • Google développe parallèlement dans l’EEE de nouvelles Aggregator Units destinées notamment aux comparateurs et des Supplier Units pour les fournisseurs directs.
  • Une baisse d’impressions ou de trafic produit ne signifie donc pas nécessairement qu’un site a perdu ses positions ou que son flux est cassé.
  • Les e-commerçants devraient comparer immédiatement Merchant Center, Search Console, Analytics et leurs ventes avant et après la mi-septembre.
  • Les flux produits restent stratégiques : ce qui change est de plus en plus l’endroit où Google utilise ces données et l’intermédiaire par lequel le client arrive au marchand.

Sources

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