réflechir le numérique pour les personnes en situation de handicap

11 mai 2022

Article Sujet Economie sociale et solidaire Skema Mickaël Szerman MS MMDCE – Le Site Web

LE HANDICAP ? ON EN PARLE ?

Plus d’un milliard de personnes, soit environ 15 % de la population mondiale, vivent avec un handicap.1 Selon le rapport des Nations Unies sur le handicap et le développement publié en 20182 , « les personnes en situation de handicap sont désavantagées en ce qui concerne la plupart des objectifs de développement durable » et « des mesures concrètes sont nécessaires pour inclure le milliard de personnes handicapées dans le monde, à la fois comme acteurs et comme bénéficiaires du développement ».

Que veux dire le mot « handicap », « les handicapés » ? Si vous n’êtes pas touchés dans votre propre famille ou votre cercle proche par « le handicap », possible que vous ne soyez pas ou moins touchés et susceptible par l’emploi de ce mot ou ces expressions pour définir des personnes nées avec des particularités et des différentiels mots ont du sens qui peuvent toucher les susceptibilités des personnes concernées. Préjugés, stéréotypée et ignorance sont les causes de ces emplois de mots, surnoms et expressions non réfléchies.

Comment inclure les personnes en situation de handicap par le prisme des outils numériques ?

Tim Berners-Lee, l’un des fondateurs d’internet rappelle que le « pouvoir du web est dans son universalité » et que « le web est fondamentalement conçu pour fonctionner pour toutes les personnes, quel que soit leur matériel, leur logiciel, leur langue, leur culture, leur emplacement ou leur capacité physique ou mentale ». (lien de l’article Les échos concernant l’apport à l’humanité des travaux de Tim Berners) Présentée de cette façon, la question de l’accessibilité numérique dépasse des aspects strictement techniques ou fonctionnels liés aux interactions homme-machine pour s’inscrire dans une vision, voire un idéal, d’égalité entre les humains, transcendant la variété (et l’inégalité) –physique, cognitive, géographique, environnementale, etc. – de leurs situations.

L’accessibilité digitale devient une tendance dans nos sociétés modernes !

De nos jours, en France, plus de 20% de la population est touchée par un handicap. Il est ainsi du devoir des designers et des concepteurs de s’assurer que toutes ces personnes soient en mesure d’accéder à leurs plateformes digitales, avec la meilleure expérience utilisateur possible. ( Consulter l’expertise et l’article de Pierre Pavlovic: (lien de l’article de Pierre Pavlovic sur le blog Skema).

Ou se situe la France dans l’Inclusion numérique des personnes en situation de handicap ? Inspirons-nous des modèles à l’étranger ?

Peu de données chiffrées afin d’évaluer les « bons joueurs » en terme d’inclusion numérique concernant ces cioyens à part entières. D’une manière large, les pays européens ne sont pas égaux dans la gestion et l’inclusion numérique des personnes en situation de handicap et d’après plusieurs études, les pays les mieux notés seraient:

  • Suède
  • Luxembourg
  • Autriche
  • Finlande
  • Royaume-Uni

Que disent les Lois Européennes à propos de l’accessibilité numérique?

C’est en 2000 que tout commence avec la première décision prise en faveur des personnes ayant un handicap, et c’est réellement en 2009 que tout devient concret aux yeux de tous.

La Charte des Droits Fondamentaux:

Ce n’est qu’avec cette Charte des Droits Fondamentaux proclamée en décembre 2000, que la notion de discrimination contre le handicap apparaît enfin. Dans ce texte, ce sont les droits fondamentaux des personnes qui sont traités. Grâce au traité de Lisbonne, elle a obtenu la même valeur juridique que celles des traités.

C’est cette Charte qui a permis de déclencher tout le processus dans le but d’aider les personnes en situation de handicap et donc de limiter par la même occasion, les discriminations envers ces populations en Europe.

En quoi la législation peut-elle aider à mieux inclure les personnes en situation de handicap et améliorer leur conditions d’accès au numérique ?

En 2016, la promulgation de la loi n° 2016-1321 pour une République numérique réaffirme ces principes dans le chapitre 3, « Accès des publics fragiles au numérique », en y rajoutant de nouvelles obligations pour les administrations : l’élaboration d’un schéma pluriannuel de mise en accessibilité, l’affichage sur la page d’accueil de leurs sites de la mise en conformité avec les règles d’accessibilité (sous peine de sanctions financières), ainsi que la prise en compte de tous les supports (web, intranet, applications mobiles, etc.) pour l’accès à l’information. À noter également l’extension des obligations de mise en accessibilité numérique web pour les sites délégataires de service public et les entreprises au-delà d’un certain chiffre d’affaires.

Les législateurs européens ont encore de nombreux efforts à accomplir pour rattraper le retard accumulé dans le temps. La directive européenne 2016/2102 du Parlement européen et du Conseil du 26 octobre 2016 relative à l’accessibilité des sites internet et des applications mobiles des organismes du secteur public affirme ces principes, présents dès 2010 dans la Stratégie numérique pour l’Europe, en les inscrivant également dans le Plan d’action européen 2016-2020 – Accélérer la mutation numérique des administrations publiques de l’Union Européenne. La directive 2016/2102 recommande de s’appuyer sur la norme européenne 301 549 V1.1.219 en tant que norme d’accessibilité applicable s’appuyant largement sur les principes de la version 2 du WCAG. Toutes ces mesures participent à mieux inclure les publics en situation de handicap.

Conclusion

Le chemin est encore long pour parvenir à mettre en place une société davantage inclusive au bénéfice des personnes en situation de handicap autant dans la société que par le prisme des nouvelles techniques d’informations, de la communication et via les outils numériques. La problématique de l’accessibilité numérique et des situations de handicap soulève donc des questions complexes, à différentes échelles, ne se réduisant pas aux interactions avec des outils. Si elle mobilise de manière assez évidente et visible des aspects réglementaires, techniques ou normatifs, elle interpelle également les représentations sociales, institutionnelles et politiques à l’œuvre, notamment dans les rapports des concepteurs de systèmes et des nouvelles technologies numériques.

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