Interview d’Aurélien Bardon, fondateur de l’agence ASEOX : les conseils SEO dans le contexte post-Covid

1 septembre 2020
Aurélie Bardon, fondateur d'ASEOX
Aurélien Bardon, fondateur d’ASEOX, agence SEO & référencement à Lille

Envie de devenir consultant SEO, référenceur ? Et bien c’est une piste intéressante surtout au vu du contexte post-Covid. En 2018 déjà, ce marché représentait à lui seul 80 milliards de dollars selon Forbes. Un chiffre très certainement amener à augmenter dans l’environnement actuel. Pour les annonceurs en effet, il s’agit de profiter de l’essor du e-commerce tout en s’accommodant des contraintes budgétaires qui s’annoncent drastiques. Pour nous aider à résoudre cette équation, Aurélien Bardon, fondateur de l’agence ASEOX nous a accordé une interview dans laquelle il nous détaille son parcours ainsi que ses conseils pour tirer parti du contexte actuel.

Hervé Marques : Aurélien Bardon bonjour pourriez-vous résumer votre parcours ?

Aurélien Bardon : Coté des études, j’ai débuté par un DUT en informatique puis une licence E-commerce & enfin un master en management de projet E-business.

Pour ce qui est du parcours pro, j’ai eu la chance de pouvoir apprendre au sein de 2 agences SEO et chez un e-commerçant puis rapidement chez l’un des plus importants éditeurs de sites web en France avant de rejoindre une grande agence web du Nord au sein de laquelle j’ai pu participer à la création du service Trafic et plus particulièrement du pole SEO.

Parallèlement à tout cela, j’éditais depuis ma première année de Master des sites que je monétisais via Google Adsense et l’affiliation.

Le 1er février 2018, l’édition deviendra mon activité principale avant de créer ASEOX une agence SEO en 2009.

Depuis quelques années désormais, nous éditons aussi des logiciels de monitoring SEO en mode SAAS et il s’agit d’une activité passionnante. J’aimerai à l’avenir y consacrer de plus en plus de temps.

HM : Quels ont été les impacts de la crise sanitaire sur les pratiques SEO des comptes dont s’occupe ASEOX ? Il y a-t-il des choses à faire et surtout ne pas faire en temps de crise ?

AB : Les impacts ont été très différents d’un projet à l’autre. Globalement les statistiques de fréquentations ont augmenté.

Toutefois, malgré de très fortes croissances dans certains cas, il n’a pas toujours été possible d’en profiter faute de pouvoir expédier. Certains de nos clients ont fermé leur process de commande en ligne et mis l’ensemble de leurs salariés au chômage partiel.

Dès le premier jour ouvré du confinement, nous avons 5 clients qui ont demandé de mettre en standby notre prestation.

D’autres ont tellement vendu, qu’il n’y avait plus de stock.

Les conséquences sont surtout importantes pour nos clients qui ont des magasins physiques. Pour eux, malgré les excellentes performances du canal web… les conséquences financières seront importantes et durables.

“Côté stratégie SEO, durant une crise, il est urgent de ne rien changer”

Coté stratégie SEO, durant une crise il est urgent de ne rien changer. Les gros sites E-commerce sont souvent de gros paquebots difficiles à manœuvrer. Le temps de changer de cap et le déconfinement aurait déjà été là. Bien entendu, la situation est différente pour d’autres canaux et nos confrères du SEA ont beaucoup souffert de la coupure des budgets…

Ce qu’il faut retenir c’est que le SEO se travaille sur des « temps longs » ce qui n’est pas compatible avec un événement temporaire à moins d’être un site d’actualité bien entendu.

HM : A l’opposé, il y a-t-il des actions SEO à mener pour ne pas rater la reprise voire même profiter de celle-ci pour gagner des positions ?

AB : Ceux qui ont continué à travailler leur SEO durant le confinement sont forcément gagnants par rapport aux autres. Sur ce canal, cela n’est pas toujours celui qui travaille le mieux qui gagne, parfois et même souvent c’est celui qui travaille le plus ou le plus rapidement qui l’importe.

Dans cette course de fond, continuer au même rythme lorsque cela était possible était surement la meilleure stratégie.

HM : Pensez-vous que la volonté exprimée par certains français de consommer plus « local » puisse engendrer de nouvelles pratiques en termes de SEO ?

AB : Les recherches locales représentent un nombre considérable des recherches sur Google, certainement plus de 30%. Beaucoup d’activités en ligne ne ciblent que des mots clés « géolocalisés » cela permet à la fois d’éviter la concurrence de géants et surtout d’attirer un trafic qualifié.

Le « made in France » est aussi une tendance lourde et un argument marketing de poids qui ne cesse de prendre de l’ampleur sur certains marchés, à l’instar du « bio ».

En SEO, mon approche est toujours pragmatique. Récupérer des données, c’est-à-dire les fameux volumes de recherche mensuel puis analyser afin de cibler les plus intéressants. Ainsi sur certains secteurs, il pourrait être très intéressant de cibler ce type de requêtes.

C’est aussi une bonne manière de débuter. Chercher à être visible sur des mots clés locaux en mettant en avant son offre locale avant d’envisager un jour des mots clés plus concurrentiels à l’échelle nationale.

Il y a peut-être des nouvelles opportunités qui vont émerger plus rapidement. Toutefois, j’ai souvent des doutes entre les volontés exprimées et la réalité lorsqu’il s’agit de débourser quelques euros de plus au moment de l’achat, surtout dans un contexte de crise economique…

HM : Toujours concernant les nouveaux usages, pourriez-vous exposer les changements SEO qui se profilent avec l’émergence de la recherche vocale ? Quels sont les ajustements à apporter pour une entreprise ?

Pour l’instant, la recherche vocale semble essentiellement se concentrer sur des intentions de recherche liées à la recherche d’informations plutôt que commerciales. Les enceintes connectées ont montré leurs limites. Sans écran pas d’E-Commerce pour l’instant.

La révolution prophétisée n’a pas encore eu lieu. Toutefois je me rappelle qu’il y a eu en E-marketing « l’année du mobile » pendant 10 ans  avant que cela soit véritablement le cas.

En SEO, cela n’est donc pas une priorité.

Toutefois pour les sites souhaitant être précurseurs, il faudra donc travailler son contenu en rapport avec des recherches vocales et surtout structurés les réponses. En anglais, on parle de « Featured snippets » et en français de position zero.

Il y a en effet une très importante corrélation entre les « Featured snippets » et les réponses formulées par Google Home.

Etant donné le fonctionnement de ces blocs et les évolutions récentes, il n’est pas assuré que cela fasse gagner du trafic et cela pourrait bien dans de nombreux cas en faire perdre car la « position classique » en SEO disparait désormais. Il n’y a plus de double résultats « classique » + « Featured snippets » . Visibilité vs Trafic, il faudra peut-être choisir.

Et la question, « elle est vite répondue »…

“On constate régulièrement des investissement 10 à 100 fois supérieurs sur le canal SEA pour des résultats identiques ou même inferieurs au canal SEO”

HM : Même si l’on a souvent la fâcheuse tendance à opposer SEO et SEA, pensez-vous que la crise sanitaire puisse rééquilibrer la balance SEA Vs. SEO ?

AB : Il est difficile de répondre à cette question sans être accusé de prêcher pour sa paroisse. Dans beaucoup d’organisations les investissements en SEO sont totalement décorrélés des performances du canal.

On constate régulièrement des investissement 10 à 100 fois supérieurs sur le canal SEA pour des résultats identiques ou même inferieurs au canal SEO. Le SEO reste un canal mal compris, plus difficilement mesurable et surtout à l’impact beaucoup plus étalé dans le temps. L’inertie du SEO est très concrète contrairement au SEA.

Dans tous les cas, ces 2 canaux sont indispensables et complémentaires. Année après année, Google donne toujours plus de visibilité aux annonces publicitaires au détriment du SEO.

La conséquence la plus importante de la crise sera sur les budgets. Ils seront certainement moroses pendant une bonne année. Il faudra que la confiance revienne et que les résultats soient rapidement au rendez-vous afin de retrouver des niveaux d’investissements similaires à ceux pré-covid.

HM : Le 5 mai dernier Google annoncé la mise à jour de son algorithme, la deuxième cette année après celle opérée au mois de janvier. Que change cette update et quels conseils donneriez aux entreprises qui le craignent ?

AB : Les core updates s’enchaînent et il n’y a, la plupart du temps, rien à faire. Si vous n’avez pas respecté les règles, vous devez savoir de vous-même ce qu’il y a à corriger. Si vous n’avez rien à vous reprocher alors il faudra comprendre l’esprit de ces core updates.

Google cherche à positionner les sites qui donnent le plus de satisfactions aux utilisateurs. Pour se faire, il récupère puis analyse pour cela un nombre considérable de données.

Des mises à jour Google, il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Pourtant les facteurs liés à la technique, au contenu ou à la popularité ont peu changé.

Lorsque vous ciblez un mot clé, regardez la page de résultats de Google. Les réponses sont ici. Google vous montre ce qu’il souhaite. A vous de proposer la même chose avec un petit plus avant de passer devant vos concurrents.

Ainsi après la majorité des core updates, il n’y a pas de « fix » à appliquer, pas de bug à corriger. Et cela peut être très difficile à avaler lorsqu’on perd du jour au lendemain 30% de son trafic par exemple.

HM : Quelles sont selon vous à la fois les bases techniques à respecter en SEO et les bases à respecter en termes de contenu ?

AB : Techniquement un site doit permettre aux robots de découvrir facilement et rapidement l’ensemble de ses pages. Chacune de ces pages doit répondre à un problème que cherche à résoudre les internautes.

Afin d’aider le robot à comprendre le but de votre page, il suffit de renseigner certaines balises. Parmi elles la balise TITLE, la meta Description et sa balise H1. Autre étape, de proposer un contenu unique et abondant qui répondra de manière pertinente à la recherche de l’internaute .

Il n’y a pas de trucs & astuces concernant le contenu et la technique.

Coté contenu, il faut écrire pour les internautes en pensant aux moteurs de recherche. Il faut être celui qui va répondre le mieux à leurs questions et surtout cibler les bons mots clés.

Coté technique, la plupart des problèmes seront liés à vos propres choix technologiques. Si vous utilisez des frameworks javascript et que vous ignorez les bonnes pratiques Opquast, il faudra alors résoudre les problèmes. Des problèmes que vous avez créer…

En revanche, coté « popularité » oui, il faudra être malin et créatif afin d’obtenir les meilleurs liens.

HM : Quel conseil donneriez-vous aux étudiants qui veulent se spécialiser dans le SEO ? Il y a-t-il dans ce domaine pénurie de talents ?

AB : Le SEO est l’une des compétences les plus recherchées et elle a tendance à l’être de plus en plus.

Il s’agit d’un secteur passionnant à la frontière de nombreux autres. Il mêle un grand nombre de compétences à la fois techniques, littéraires mais aussi organisationnelles. Savoir communiquer & travailler en équipe est incontournable. En effet, un référenceur va travailler avec quasiment tous les acteurs de la chaîne de production web. Il faut être curieux et si possible expérimenter avec vos propres sites.

Il y a une pénurie indéniable de référenceurs Seniors.

C’est-à-dire expérimentés & compétents. Le plus difficile pour un étudiant est d’être formé. Il vous faudra cibler une entreprise disposant d’un référenceur senior qui vous accordera véritablement du temps. Autre alternative, accepter de tester par soi-même ce qui exigera de longues soirées de labeur.

Si vous voulez prolonger la lecture de cette interview, cet article : Comment devenir référenceur en 4 mois me semble pleinement approprié.

Merci à Aurélien Bardon au temps qu’il nous a consacré pour cette interview, et à Yann Lemort pour la mise en relation.

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