Un modèle économique de premier plan
L’économie de l’attention prend une ampleur considérable dans la manière de consommer des utilisateurs. Un tel phénomène éclot avec l’émergence des réseaux sociaux et l’attrait universel des entreprises pour la Data. De ce fait, des conséquences aussi bien économiques que politiques, financières et sociétales voient le jour. Il est ainsi nécessaire de correctement définir ce phénomène afin d’en comprendre les répercussions, et d’en proposer un modèle vertueux.
Une attention pas si gratuite
La part de la population possédant un appareil connecté tel qu’un ordinateur ou un smartphone grandit constamment. Ainsi, l’usage des réseaux sociaux croît en concordance, et se démocratise.
Leur modèle économique, se basant sur un KPI d’utilisateurs actifs, entraîne un enjeu sur le temps passé sur les réseaux et les écrans. Tout ça dans le but de les retenir le plus longtemps possible.
Ce processus mène à une économie de l’attention: le point d’intérêt de l’utilisateur est la monnaie à capturer pour les différents réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, Instagram…
En conséquence, les informations engrangées par ces personnes sont extrêmement nombreuses. Les internautes passent un temps incalculable sur leur fil d’actualité à interagir avec les sphères privées et publiques. Émerge ainsi la notion de ‘scroll infini’, définie comme une mauvaise pratique entrainant une addiction aux réseaux sociaux.
Ce modèle économique se base sur l’attention des utilisateurs, avec un fil d’actualité infini, taillé et personnalisé. Les réseaux sociaux proposent alors du contenu sponsorisé, et en font des prospects ciblés, à l’aide de publicités.
Grâce à ces informations, des entreprises telles que Facebook ou Twitter sont alors en mesure de proposer un média de communication.
La publicité devient alors efficace aux entreprises désireuses de répondre à différents objectifs marketing, publicitaires. Bien entendu, selon leur budget – après tout, ces réseaux sociaux sont gratuits pour ceux désirant y créer un compte. Pas besoin d’y entrer sa carte bleue, donc, mais des données personnelles, nom, prénom, date de naissance..
L’on peut y ajouter une photo de profil, pour mieux retrouver ses amis, avant d’y ajouter ses centres d’intérêts. Pour être sûr de ne rien rater de ce que l’on aurait envie de voir ?
Les données des utilisateurs : consenties, vous êtes sûrs?
Les inscriptions et partages de données personnelles des utilisateurs mais également celles concernant les intérêts de ces derniers sont donc collectées par les réseaux sociaux. Les entreprises les utilisent afin de développer la connaissance de leurs utilisateurs et établir des profils.
Toutefois, cela ne s’arrête pas là, et des algorithmes entrent également en jeu afin d’étudier les utilisateurs. Ils se développent et s’améliorent de sorte à pouvoir prédire leurs envies. Ils diffusent généralement un contenu susceptible de les captiver. Mais également – puisque l’on est dans l’économie de l’attention, les garder sur l’application, ou sur le site du réseau.
L’usage des données utilisateurs et des algorithmes montre par exemple sa puissance mais également son potentiel sur Tik Tok. C’est une application de création de vidéos, majoritairement utilisée par de jeunes adolescents et adultes. En effet, l’attention de l’utilisateur se maximise grâce à une analyse empirique de ce qu’il a déjà regardé, et de ce qu’il aura alors le plus de chances de regarder jusqu’au bout. Les contenus visionnés jusqu’à la fin engendrent donc la mise en avant de vidéos similaires. Et cela n’est pas sans conséquences pour les utilisateurs…

Addiction et société
Le véritable bouleversement apparaît avec le développement des réseaux sociaux. En parallèle, l’émergence des smartphones, donnant l’accès direct à internet et de surcroît au monde. Suite à cette fracture numérique, toutes les générations se sont mises à utiliser ces nouveaux outils. Cette possibilité d’avoir en permanence une ouverture sur le monde est fulgurante. En l’espace de 10 ans, les mœurs ainsi que les modes de vie ont pris une autre forme, une autre tournure.
L’Homme est happé par des outils qu’il ne maîtrise pas, et pour lesquels il n’a aucune main mise. Soudainement les individus ressentent le besoin d’être connectés en permanence, quel que soit l’endroit, le sujet et avec n’importe qui. Un besoin qui se veut social, informationnel, pratique. Et ce phénomène se retrouve aussi bien dans la sphère individuelle que dans la sphère professionnelle.
L’individu est incapable de contrôler le flux d’informations immense qui s’offre à lui et d’établir des raisonnements concrets, car l’information est continue et change perpétuellement. C’est ce que F.Jauréguiberry (2014) appelle l’effet bouchon.
C’est alors qu’une nouvelle forme d’addiction, démontrant parfaitement cette ultra-dépendance, émerge. Elle s’intitule « nomophobie » qui vient de l’anglais « no mobile phone phobia », à savoir une peur excessive d’être séparé de son téléphone portable. Les changements s’opèrent également sur le plan social. L’individu ne communique plus de la même manière, privilégiant parfois (souvent même) de répondre à « l’autre virtuel » plutôt que de se consacrer à son interlocuteur direct.
L’efficacité et la performance sont les maîtres mots de ces comportements sociétaux. Besoin en est à l’individu d’être réactif et compétent, voir efficient. Que ce soit, sur le plan privé ou en entreprise ; il faut « à tout prix » répondre à son interlocuteur virtuel.
Une économie inépuisable…ou presque
Les nouvelles technologies de l’information et de la communication contribuent largement aux changements sociétaux du monde moderne. Ils prennent aussi part d’une certaine manière au développement de la Data. Ces fameuses données si coûteuses pour les entreprises mais aussi pour les consommateurs sont le présent et l’avenir de la consommation de masse.
Dans ce contexte de développement et d’innovations constantes, ces techniques s’imposent comme un véritable évènement. Elles permettent aux individus de communiquer et d’avoir accès à un nombre quasi illimitée de ressources. Avoir toutes les informations à portée de main, et des possibilités quasiment infinies, une diminution de l’ennui et une connexion permanente au monde ont tous donné lieu à la naissance d’une nouvelle économie, celle de l’attention.
Le consommateur devient le produit malgré lui. Grâce à des algorithmes très avancés, il est ciblé et tout est mis en place pour le pousser à consommer davantage. Il se connecte toujours plus, dans un seul but : consommer. Les réseaux sociaux (Twitter Facebook, TikTok notamment sur la génération Z) l’ont non seulement intégré dans leur système, mais ont développé des systèmes qui dépassent absolument toutes les attentes. Ils réussissent à récolter des données de plus de la moitié de la population mondiale, sans limites.
La question qu’il est alors légitime de se poser : l’économie de l’attention va t’elle s’arrêter ? Et sinon, dans une autre mesure, peut-on l’exploiter et rendre le modèle vertueux ?



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