La crise sanitaire puis économique de la Covid-19 a complètement bouleversé le monde. Les habitudes des consommateurs ont changé, les gens pensent d’une manière différente.
Les chaînes d’approvisionnement sont mises à rude épreuve depuis le Covid-19. Les consommateurs voient désormais les produits et les marques sous un nouvel angle. La pandémie transforme l’industrie des biens de consommation en temps réel, accélérant rapidement les tendances sous-jacentes à long terme en l’espace de quelques semaines seulement
Les débuts de la crise sanitaire
La covid-19 est apparue à Wuhan, en Chine en 2019. Le monde était loin de s’imaginer ce qui adviendrait de ce qui ne semblait être qu’une simple épidémie ne touchant que la Chine, tant du point de vue sanitaire qu’économique, et ce, à une échelle mondiale.
Les 2 premiers cas de la Covid-19 en France, ont été identifiés le 24 janvier 2020. Tous deux originaires de Chine, où ils ont récemment voyagé. Il s’agit des premiers cas de contamination recensés en Europe. En Mars 2020 la France franchit le cap des 7000 cas dont 148 décès (AFP,2020). Le Premier ministre annonce la fermeture de tous les lieux publics « non indispensables » à la vie du pays.
En septembre 2020, le port du masque en France était généralisé et le niveau de l’épidémie a atteint un niveau inquiétant. En France, les premiers vaccins contre le Covid-19 ont été administrés le dimanche 26 décembre. Au 31 mai 2021, 25 millions de personnes ont reçu la première dose de vaccin (La rédaction 2021). Les mesures sanitaires ont également été allégées avec la réouverture des cinémas et des terrasses.
Conséquences des mesures sanitaires sur le commerce

La crise sanitaire puis économique de la Covid-19 a engendré des conséquences directes sur le marché du commerce. Les périodes de confinement et de reprise d’activité progressive ont fortement rythmé les courbes. Les confinements ont fait perdre 16 % de chiffre d’affaires au commerce spécialisé. Le développement de l’e-commerce, pourtant important, n’a freiné cette chute que de 2 %. L’année 2020 aura été une très mauvaise année pour le commerce hors alimentation du quotidien.
Durant cette crise sanitaire, les différents points de ventes étaient fortement impacté. En effet, seuls les commerces décrits comme étant essentiels (pharmacie, supermarchés, banques…) ont pu continuer leurs activités. Concernant 136 000 autres commerces en France, ils ont été fortement fragilisés à plus long terme. Le chiffre d’affaires du commerce spécialisé a baissé de 32,3% en mai 2020 par rapport à la même période de l’année précédente. (Procos 2020).
Cette crise a provoqué un fort recul de la confiance des Français. L’indicateur résumant la confiance des foyers dans la situation économique a fortement diminué (INSEE, 2020). La France a par ailleurs fait état, en décembre 2020, de 2,5 millions de salariés en chômage partiel (Dares, 2020). Suite à la baisse des revenus des ménages qui découle du chômage, la consommation diminue fortement au profit de l’épargne. Cette baisse de la consommation se traduit par une forte baisse d’activité des professionnels qui sont de plus en plus en difficulté.
L’impact du confinement sur les différents secteurs
La crise sanitaire puis économique de la Covid-19, risque d’engendrer par la suite de graves conséquences économiques. Certains secteurs tournent au ralenti à cause des perturbations économiques considérables qu’ils subissent ainsi que des obligations de fermetures. Cependant, quelques secteurs ont su tirer avantage de cette pandémie.
Le secteur culturel affaibli par la crise de la Covid-19
La musique, l’audiovisuel, les jeux vidéo, la presse… Ces secteurs ont été à la pointe de l’économie européenne avant l’apparition de la Covid-19. Le secteur de la culture représentait l’un des secteurs les plus dynamiques en Europe. La culture participait d’une manière très positive à la balance économique grâce à l’exportation. Celle-ci rapportait un bénéfice net de la balance commerciale autour de 28 milliards d’euros (Frédéric Martel 2021). Le secteur culturel subit un désastre tant sur le plan économique qu’artistique (Roselyne Bachelot, 2020). Suite à l’interdiction des rassemblements de plus de 5 personnes, les différents confinements qui ont eu lieu, le secteur de la culture se retrouve face à des conséquences économiques sévères. Depuis plus d’une année, le secteur culturel connaît une hibernation jamais vue.
L’alimentaire a tiré avantage de la crise
Contrairement aux secteurs de la culture ou du vestimentaire qui ont subi une forte diminution d’activité depuis le début de la crise sanitaire, le secteur alimentaire est en forte croissance depuis le mois de mars 2020, en témoigne la part du panier moyen de consommation des Français en 2020 relative à l’achat d’aliments.
La crise sanitaire a donc eu un effet positif sur la consommation alimentaire. En effet, une partie non négligeable de la population obligée de passer la majorité de son temps à domicile pendant le confinement a repris goût à la cuisine et la pâtisserie faite maison. Pour ce faire, ce sont les produits bruts qui ont été les plus achetés comme la farine et le levain qui permettent de préparer des plats et pâtisseries « faits-maison »
En parallèle à l’augmentation de la part de consommation alimentaire, il est important de noter la baisse du budget disponible pour la consommation des ménages, due à la mise au chômage partiel ou la perte de l’emploi par une partie non négligeable de la population active, a également eu un impact sur les habitudes de consommation alimentaire. En effet, la recherche du prix bas est une tendance qui redevient importante depuis le début de la crise sanitaire. Les paniers d’achats moyens ont également augmenté en valeur, ce qui n’a pas avantagé les grands hypermarchés qui sont trop éparpillés sur l’hexagone. En revanche, cela a favorisé les supermarchés et les magasins de proximité, ces derniers ayant été l’objet d’un élan de solidarité de la part des Français pendant la crise.
L’accélération des modes d’achats face à la crise sanitaire de la Covid-19

La crise Covid-19 a permis de montrer l’importance du digital sur les canaux d’achats alimentaire (e-commerce, click and collect, drive to store…) tant auprès des consommateurs qu’auprès des entreprises. Plusieurs entreprises ont dû faire face à cette crise en créant des sites web afin de pouvoir continuer leurs activités en ligne. Les restaurants se sont tournés vers le click and collect ou encore livraison à domicile.
Prenons l’exemple d’Uber Eats, qui a décidé de développé son activité à la livraison des courses à domicile afin de continuer son activité. Cette activité a permis à Uber Eats de répondre à la forte hausse des commandes en ligne. Les consommateurs ont donc la possibilité de commander, via l’application, des petits paniers de courses composés de produits alimentaires quotidiens, de produits d’entretiens ou encore des produits d’hygiène.
Amélie Oudéa-Castéra, directrice e-commerce, data et transformation digitale de Carrefour
« Combiner la force des magasins préparateurs Carrefour et l’agilité de l’application Uber Eats va nous permettre de livrer aux clients leurs produits du quotidien de façon très pratique et parfaitement sécurisée »
Ce partenariat entre Carrefour et Uber Eats a permis à l’entreprise de reprendre partiellement son activité. En effet, la fermeture des restaurants a entraîné une baisse considérable des courses effectuées par les livreurs de Uber Eats.
Le Covid-19 comme accélérateur de tendance
- La demande de produits alimentaires a énormément augmenté. Cette hausse peut s’expliquer par l’augmentation du budget alimentaire et par la peur des consommateurs de manquer de produits. Lors du premier confinement, les consommateurs ont fait le plein de farine, papier toilette par peur de rupture de stock.
- Hausse des courses en ligne (pour l’alimentaire) qui ont atteint une part de marché de presque 10%. Tandis qu’avant la crise sanitaire, elle était d’environ 6%.
- Baisse des achats non alimentaires depuis Mars 2020. En cause : la fermeture des commerces dites « non essentiels » durant les périodes de confinements.
- Malgré une possibilité de commander en ligne pour les produits non essentiels, les français ont préféré se focaliser uniquement sur des produits de premières nécessités.
- Les français ont profité du confinement pour se remettre à cuisiner des plats maison tout en prenant soin de leur alimentation en cuisinant des repas équilibrés avec des produits de qualité, locaux et de saison.
- Les consommateurs se rendent de moins en moins dans les magasins afin de limiter les sorties et d’éviter les contacts. En effet, cela s’accompagne par des paniers d’achats plus élevés.
- Les consommateurs privilégient les circuits courts, les commerces de proximité (solidarité avec les petits commerçants), la vente directe auprès des producteurs locaux ou encore en achetant plus de produits bio.
- La part de marché de l’e-commerce est en net hausse : 9,5% en période de confinement (mars – mai 2020). Début d’année 2020, la part de marché était de 7,4%.
- Les achats liés à l’alimentaire explosent en drive pendant le confinement (+150% des achats effectués en drive contre 0,5% en magasin).
- Les drives piétons profitent des confinements que nous avons eu en 2020 : +174% des ventes durant le 1er confinement.
Article écrit par Kenza TURKI et Sandra HAVART.



0 commentaires