Les objets numériques sont omniprésents dans notre quotidien depuis de nombreuses années. Selon le rapport de Green IT de 2019, dans le monde, 34 milliards d’équipements numériques circulent. D’autant plus que nous savons que le digital va tendre à croître davantage dans les décennies qui arrivent.
En parallèle, une autre tendance se dessine concernant l’écologie. Cette dernière est une cause de plus en plus défendue par les citoyens. Elle est une partie prenante d’envergure dans les stratégies RSE Responsabilité sociétale des entreprises) des entreprises aujourd’hui.
De ces deux phénomènes en naît un troisième : le numérique responsable en réponse à la pollution numérique.
- Le numérique responsable, qu’est-ce que c’est ?
- Les enjeux environnementaux au cœur des stratégies RSE en entreprise
- Un cadre légal pour le numérique responsable et les politiques RSE
- Quelles solutions pour réduire la pollution numérique ?
- Le numérique responsable en entreprise, est-ce possible ?
Le numérique responsable, qu’est-ce que c’est ?
Il s’agit d’un terme nouveau qui étudie les impacts environnementaux liés à la pollution numérique.
Et la pollution numérique, qu’est-ce que c’est ? C’est tout simplement la pollution émise par l’ensemble des appareils électroniques : ordinateurs, smartphones, etc.
Ce type de pollution s’intensifie et s’accélère considérablement d’années en années. En effet, selon un rapport de l’INSEE en 2019, “l’empreinte énergétique directe du numérique augmente de 9 % par an”.
Inès Leonarduzzi est la CEO de l’ONG et entreprise Digital for the Planet. Elle a identifié trois acteurs qui peuvent avoir un effet sur cette pollution :
- les citoyens
- les entreprises
- les gouvernements
Ils ont toutes les cartes en main pour faire changer les choses. Les entreprises sont désignées comme les plus polluantes aujourd’hui.
Un équipement informatique passe par plusieurs phases tout au long de son cycle de vie.
- Fabrication
- Acheminement et achat
- Usage
- Gestion des D3E (déchets d’équipement électriques et électroniques)
Inès Leonarduzzi explique que les produits ont leur impact environnemental le plus fort au moment de leur période de fabrication. L’étude du Cigref de 2021 le confirme via une analyse de la répartition des émissions de GES dans l’environnement de travail. Celle-ci déclare que 93% des équipements polluent le plus durant leur production.

Les enjeux environnementaux au coeur des stratégies RSE en entreprise
Vous avez dit “RSE” ? Mais la RSE (responsabilité sociétale des entreprises), qu’est-ce que c’est ?
La RSE représente l’ensemble des actions instaurées par une entreprise en faveur du développement durable, et dans l’intention d’avoir un impact environnemental positif. Cette politique est associée à tous les niveaux de l’organisation et au cœur de toutes les stratégies. L’enjeu environnemental est l’un des piliers fondamentaux de la RSE.
En effet, l’enjeu environnemental pour les entreprises repose sur diverses préoccupations, leur objectif capital commun est de réduire l’impact environnemental de leurs activités. Cet impact peut s’évaluer à travers différents indicateurs, les principaux sont :
- L’évaluation des émissions de gaz à effet de serre (GES)
- Bilan de consommation en eau, énergie, électricité
- Le nombre de déchets produits, recyclés, triés
L’engagement des entreprises vers une démarche RSE et l’intégration de ces indicateurs leur permettront de favoriser l’innovation, la performance commerciale, limiter les consommations, tout en préservant les ressources de la planète.
Un cadre légal pour le numérique responsable et les politiques RSE
Intéressons nous désormais au cadre réglementaire qui clarifie les obligations des entreprises face aux politiques RSE.
La loi NRE
La loi NRE relative aux Nouvelles Régulations Économiques impose aux entreprises depuis 2001 des obligations légales en termes de RSE. Cette loi assujettit aux sociétés cotées en bourse d’établir un reporting de l’ensemble de leurs actions en faveur de politiques RSE.
La loi Grenelle
En 2007, la loi Grenelle renforce les obligations des entreprises en matière de transparence et élargit le périmètre des entreprises concernées.
La Norme ISO 26000
Cette norme internationale, adoptée en 2010, définit les lignes directrices qui encadrent la RSE, elle officialise ce concept. Elle a été élaborée par 99 pays et s’articule autour de sept principes :
- La gouvernance de l’organisation
- Les droits de l’homme
- Les relations et conditions de travail
- L’environnement
- La loyauté des pratiques
- Les questions relatives aux consommateurs
- Les communautés et le développement local
La Loi Pacte
La loi Pacte, plan d’action en faveur de la transformation et la croissance des entreprises, favorise l’introduction de nouvelles mesures qui permettrait le renforcement des stratégies RSE. La loi Pacte incite donc les organisations à se doter d’une raison d’être et adopter des politiques concrètes.
Quelles solutions pour réduire la pollution numérique ?
Pour répondre à cet enjeu de pollution numérique, il existe plusieurs alternatives possibles à mettre en place en entreprise.
Se tourner vers des solutions digitales clé-en-main
Aujourd’hui, quelques entreprises commencent à mettre en place des solutions numériques éco-responsables. Elles visent à réduire l’impact environnemental des solutions classiques existantes. Par exemple :
- La création de sites Internet
- Un hébergeur de site Internet
- De la publicité en ligne
- Des audits et accompagnements pour les entreprises souhaitant intégrer une démarche de réduction de leur pollution numérique
Préférer l’éco-conception
L’éco-conception repose en l’utilisation simultanée de low-tech et high-tech. Le but ? Limiter l’impact environnemental des produits électroniques tout au long de leur cycle de vie.
Encore peu démocratisée, l’éco-conception connaît quelques exemples tels que :
- Le fairphone (un téléphone éco-responsable)
- La box Internet Neufbox Evolution de SFR
Recourir à la low-tech
Qu’est-ce que prône la low-tech ? Premièrement, c’est revenir sur des technologies « passées », telles que la 2G ou le SMS. Deuxièmement, c’est aussi ne plus chercher à obtenir les derniers modèles des appareils électroniques. En y ayant recours, nous nous satisfaisons du nécessaire pour répondre aux besoins quotidiens.
Opter pour la sobriété numérique
La sobriété numérique a pour but de réduire la consommation et l’achat d’équipements électroniques et électriques. L’objectif est de
- Diminuer le suréquipement
- Allonger la durée de vie des appareils
- Faire attention à la consommation de ses outils numériques
Le numérique responsable en entreprise, est-ce possible ?
Selon une étude de l’INSEE de 2016, « 31 % des entreprises déclarent s’engager pour une meilleure efficacité énergétique et/ou une réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, 10 % seulement ont réalisé un bilan de ces émissions et 20 % se sont dotées d’un plan d’action. (…) Au total, parmi les entreprises ayant déclaré spontanément être engagées dans une démarche d’efficacité énergétique, un tiers ne déclarent aucune des actions évoquées”.
Ces chiffres montrent une première tendance qui se dessine. Les entreprises sont en pleine transition écologique et que pour beaucoup elles n’en sont qu’aux prémices.
En parallèle, Inès Leonarduzzi fait part d’un manque de conscience concernant le numérique responsable. « Beaucoup de gens ignorent encore qu’envoyer un email contenant une pièce jointe d’un mégaoctet dépense autant d’énergie qu’une ampoule allumée pendant une heure. Ou que l’impact écologique annuel de l’industrie du spam est le même que celui de trois millions de voitures. »
Ainsi, le numérique responsable est encore une notion nouvelle voire inconnue pour beaucoup de monde. En conséquence, cela va alors demander du temps avant que s’installe de telles démarches dans la majorité des entreprises.
Crédit : Free Stock photos by Vecteezy
Découvrez nos autres articles
Les assistants vocaux : au service de l’expérience client
La personnalisation en ligne, un piège pour les entreprises ?



0 commentaires