- C’est quoi l’économie de l’attention ?
- Impact du caractère psychologique lié aux temps d’écrans
- Zoom sur la crise sanitaire : évolution des temps d’écrans en période COVID 19
- Effets sur la santé des individus (nomophobie et phubbing)
- Quelles seraient les solutions palliatives pour limiter les pertes d’attention ?
C’est quoi l’économie de l’attention ?
L’économie de l’attention est un terme utilisé à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Il est utilisé pour décrire la période économique qui a suivi, successivement l’économie de l’information.
Ce concept fait référence à l’abondance d’informations générées dans les économies développées. Dans cet environnement, l’attention devient une valeur et une denrée rare pour laquelle les entreprises doivent se battre. Aujourd’hui, il est difficile d’attirer l’attention du public, or l’attention est une condition préalable à toute transaction économique.
L’augmentation de la quantité d’informations qui nous entourent du fait de la digitalisation de la société à travers les écrans pose donc un problème d’attention. Pourquoi est-il de plus en plus difficile de se concentrer ?
L’attention dépend du contexte, de l’intérêt et principalement du contenu. Ces deux éléments sont essentiels, car nous ne prêterions guère attention à un contenu de qualité reçu au mauvais moment.
Impact du caractère psychologique lié aux temps d’écrans
La digitalisation fait partie de la vie quotidienne des jeunes aujourd’hui. Elle a différents effets sur la cognition, le fonctionnement psychosocial et la santé physique. Le type d’écran (jeu vidéo, télévision, smartphone, ordinateur) et le temps d’écran (en semaine ou le week-end) ont des effets différents sur le bien-être mental.
Certains des effets négatifs liés aux temps d’écrans peuvent être les problèmes de sommeil, la lumière émise par les appareils électroniques interfère avec le cycle de sommeil du cerveau et peut vous empêcher de passer une bonne nuit de sommeil ; les problèmes de confiance en soi et en ses décisions.
D’autres éléments importants dans l’utilisation des écrans sont le contenu, le contexte et les caractéristiques individuelles. Toutefois, une présence constante sur les réseaux peut contribuer aux sentiments d’aliénation.
Zoom sur la crise sanitaire : évolution des temps d’écrans en période COVID 19
La crise sanitaire a fortement impacté de nombreuses directions dans les entreprises, notamment le service communication. Des entreprises ayant investi dans les communications out door, affiches dans la rue se sont vu revoir toute leurs stratégies de communication afin de l’adapter à la situation. Nous parlons entre autres de la production des contenus et des canaux de diffusion. Comment et où diffuser ? Les campagnes digitales seront désormais diffusées en masse sur les canaux digitaux. Nous avons assisté par la suite à une explosion des canaux de streaming OTT comme Netflix, Amazone Prime, CanalPlay…quoi de plus nocif pour passer plus de temps devant les écrans !!!
Une étude faite par statista nous révèle les données suivantes :

Source : Statista research department, 5 juin 2019
Dans le secteur du e-commerce, tout est devenu réel avec la fermeture des magasins. Une absence progressive d’interaction entre la marque et le consommateur, celui-ci appréciant d’essayer un produit avant de confirmer un achat. Alors que dans le cas de campagnes publicitaires traditionnelles les marques sont obligées de s’engager avec une visibilité réduite sur les résultats. Les campagnes digitales offrent au contraire, la possibilité d’acheter un espace pour une durée limitée. Mais également de collecter des KPIs afin de mesurer leur efficacité ou de réaliser des analyses et sondages afin d’évaluer les émotions ressenties. Une dimension essentielle dans le processus de reconnaissance d’une marque.
Aujourd’hui, plus que jamais les entreprises doivent accélérer le développement de leur stratégie publicitaire digitale. Celle-ci permet non seulement de s’adapter aux nouveaux contextes sanitaire et environnemental. Elle permet aussi de s’adapter aux nouvelles pratiques de consommation des clients qui attendent de nouveaux formats.
Effets sur la santé des individus (nomophobie et phubbing).
Le phénomène d’hyperconnexion peut avoir de graves conséquences sur la santé et même sur le caractère social des individus. Entre autres la nomophobie qui est un phénomène récent intimement lié à l’essor des nouvelles technologies. C’ est une anxiété démesurée à l’idée de se retrouver sans son téléphone portable. Ce trouble n’est, pour le moment, pas répertorié par le DSM-V (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). Toutefois des chercheurs en psychiatrie comme une maladie du monde moderne.
Elle s’est accentuée avec la généralisation des smartphones. Ce trouble touchent en majorité les adolescents et jeunes adultes, mais aussi les cadres dynamiques. « Le mécanisme sous-jacent à cette addiction au portable est un mécanisme psychologique propre à chaque individu, fortement dépendant de la fonction du portable dans sa vie : connexion aux réseaux sociaux, jeux vidéo, appartenance au groupe, angoisse de performance », résume le docteur Neveux, psychiatre-psychothérapeute à Paris. Les nouvelles technologies et leur démocratisation ont créé de nouveaux comportements, qui n’étaient nullement prévisibles…
Si l’addiction aux écrans peut impacter sur la santé, il entraine également la diminution du caractère social chez les individus, ce qu’on appelle communément phubbing. C’est l’acte de snober quelqu’un dans un cadre social en se concentrant sur son téléphone portable. Ces actes sont généralement observés lors des sorties entre amis ou chacun a la tête baissée sur son téléphone portable.

Les smartphones étant considérés comme des outils de travail et d’aide pour les individus; l’on devrait s’inquiéter de plus en plus du fait qu’ils nuisent parfois, plutôt que de compléter, les interactions sociales.
Quelles seraient les solutions palliatives pour limiter les pertes d’attention ?
Que faire définitivement face à ces géants du numérique et à l’industrie des algorithmes ? Devrait-on les détruire et les interdire aux enfants ? comme l’avait déclaré en 2017 l’ancien vice-président en charge de la croissance des audiences chez Facebook, Chamath Palihapitiya ? Que faire face à cette baisse d’attention, l’addiction des enfants aux écrans, la transformation de la vie en une compétition de « j’aime » et de « partages » ?
Dans son livre « les repentis de Facebook », Bruno Patino fait aussi quelques propositions : créer des lieux “sanctuarisés” à l’école et ailleurs, dans certains spectacles où il faudra laisser son portable à l’entrée. “Et de la même façon que l’on régule les revenus des entreprises, il faudra inventer une régulation sur le temps : limiter Facebook au bout d’une heure. Aujourd’hui, cela paraît presque délirant mais dans 5 ou 6 ans, le fait de réguler ou de discuter avec ces plateformes sur la nature de leurs algorithmes nous paraîtra une évidence.”
Allons-nous réussir à mettre derrière nous cette tendance de génération têtes baissées ? L’avenir nous le dira !



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