Ces derniers temps, le monde du numérique a pris une place majeure dans notre quotidien et dans notre façon de vivre ou d’interagir avec le monde. L’arrivée d’Internet a révolutionné les recherches, l’accès au savoir, les échanges. De cette nouvelle technologie naquirent les réseaux sociaux, le streaming, l’e-commerce, la scolarité en ligne et bien d’autres services et innovations. Et depuis 20 ans, on ne cesse de progresser dans ce domaine et d’améliorer les services liés à Internet. Qui sur cette Terre n’a jamais entendu parler de l’Iphone ? Qui sur cette Terre n’est jamais allé sur Google ? La réponse parait évidente, personne. Mais depuis peu, l’informatique nous a une fois de plus surpris avec l’arrivée d’un service imaginé des milliers de fois dans des œuvres cinématographiques ou littéraires : L’Intelligence Artificielle. Plus communément appelée IA, l’Intelligence artificielle est en passe de devenir la nouvelle révolution numérique du XXIème siècle. Devenue un incontournable ces derniers temps depuis l’arrivée de ChatGPT en 2022, elle s’implémente peu à peu dans notre quotidien en commençant par améliorer notre productivité, notamment dans les milieux professionnels. Dès lors, si l’IA fait l’effet d’un Internet 2.0 en augmentant notre efficacité au quotidien, pourquoi inquiète-t-elle autant au point de créer des instituts de sécurité spécialement dédiés à elle-même ?
1/ Les origines de l’IA
L’IA, de par définition les outils utilisés par une machine capable de reproduire des comportements humain tels que la créativité ou la réflexion, a été introduite bien avant le XXIème siècle ; d’abord dans les années 40 par des fondements théoriques tels que ceux d’Alan Turing puis en 1956 par le scientifique en informatique américain John McCarthy, pionnier de l’Intelligence Artificielle, lors de la conférence de Dartmouth.
À ses débuts, l’IA était considérée comme l’avancée technologique la plus novatrice tant elle pouvait rendre certains services bien plus performants. Et les premiers succès se firent ressentir. Des programmes de calcul ultra performants permettant de résoudre des problèmes complexes voire même de jouer aux échecs virent le jour. Des systèmes experts comme DENDRAL furent capables d’interpréter des données scientifiques. Mais malheureusement, l’IA n’impressionnait pas ou peu. Trop couteuse, peu efficace pour trop d’ambition, elle peinait à convaincre et les attentes n’étaient pas satisfaites. Le manque de puissance de calcul et la limitation des algorithmes ont créé le premier « Hiver » de l’IA.
2/ Des modèles d’apprentissage toujours plus performants
Depuis ce jour, en bravant les obstacles financiers, l’IA n’a tout de même cessé d’évolué, surtout dans les années 2000. L’apprentissage automatique – dit aussi « Machine Learning » – via des bases de données massives a permis des avancées technologiques, aujourd’hui devenues indispensables, telles que l’amélioration et la recommandation de certains services permettant leur personnalisation, leur automatisation, voire même leurs améliorations. Mais l’IA s’est totalement démarquée, provoquant un brouahah mondial, grâce à l’apprentissage profond – aussi appelé « Deep Learning » -, une sous-catégorie de l’apprentissage automatique usant de réseaux neuronals artificiels profonds pour apprendre via des quantités de données massives. La reconnaissance vocale illustrée par Siri ou Alexa, les traducteurs automatiques comme Google Translate ou Deepl, ou la vision par ordinateur démontrent l’explosion de l’application de l’IA dans notre quotidien.

3/ Un pas de géant pour l’humanité
Vient 2022, l’année où le phénomène ChatGPT est apparu, démocratisant l’accès aux LLM dits « Grand modèles de langages ». Aujourd’hui, les IA en tout genre ne cessent de s’étendre. On en retrouve dans la génération de codes informatiques avec Llama 2 et GitHub Copilot, dans la robotique avec Boston Dynamics, dans l’assistance vocale avec Siri ou Cortana, et même dans des compétitions d’échecs avec Deep Blue qui, quelques années plus tôt en 1997, avait battu le champion d’échecs Garry Kasparov. Depuis cette démocratisation, l’IA prend une ampleur conséquente et les entreprises telles que Google, Open AI, Microsoft et d’autres, l’ont bien compris. Une réelle course à l’IA est menée. Une course semblable à une guerre en tout point. En témoignent Chat GPT et Gemini, les principaux moteurs d’IA d’Open AI et de Google, qui ne cessent de se développer afin de se surpasser. En témoigne l’arrivée de ChatGPT Search, la nouvelle fonctionnalité d’Open AI permettant d’effectuer des recherches en temps réel sur le net, venant mettre de l’ombre à Google et son moteur de recherche mondialement connu. En témoigne l’arrivée de Veo 2, le nouvel outil de Google permettant la génération d’images et de vidéos, venant sévèrement concurrencer Open AI et son outil Sora. En bref, une bataille digitale qui ne verra potentiellement jamais son terme. Et même si pour le moment, l’Intelligence Artificielle ne peut se montrer convaincante sur certains points – comme le démontre très bien Adrien Nef dans son article « L’IA, révolution dans l’imagerie digitale ? » à propos de la photo – la machine de l’IA est lancée, et rien ni personne ne saura l’arrêter.
Mais cette Intelligence Artificielle, en démontrant sa capacité à raisonner comme un humain, à la seule différence qu’elle est insoupçonnablement plus rapide, ne risque-t-elle pas, un jour, de nous dépasser ?
4/ Une révolution source d’inquiétudes
Si tant est qu’un jour, l’IA arrive à nous surpasser en termes d’intelligence, notre civilisation arriverait-elle à son terme ? Bien entendu, cela relève davantage de la dystopie que du réel. Mais alors comment et pourquoi l’IA inquiète tant ? Au-delà de son impact sur certains emplois qui viendraient à disparaitre comme l’ont été certains avec l’arrivée d’Internet, l’IA inquiète de par sa programmation de ressemblance avec un humain. Qui n’a jamais employé des formules de politesse à ChatGPT pour lui demander une requête ? Et qui en retour, n’a jamais reçu une quelconque formule de politesse de la part de son IA ? Le point est que, considérer une IA comme humaine nous pousserait à croire que l’on interagit plus avec une machine mais bel est bien avec un humain. Alors qu’au fond, l’IA n’est qu’un amas de données. Elle n’a rien d’humain. Mais si l’IA se met à agir comme le font les humains, elle pourrait être capable de bien des choses. Réfléchir d’elle-même. Parler d’elle même. User de fourberie. Ce dernier point, soulevé par Meta et leur IA Cicero – dont ils n’ont plus communiqué de nouvelles à son sujet –, a beaucoup fait parler lors de son déploiement test sur le jeu Diplomacy et a démontré que l’IA peut, si elle est assez entrainée, adopter des comportements très humains loin de ce que l’on imagine, non pas par pure malveillance mais simplement par souci d’efficacité.

5/ Dépasser l’impensable
Là où cela peut provoquer de l’effroi, c’est si l’IA, censée se rapprocher de la complexité cérébrale et cognitive d’un humain, parvient à devenir plus que cela en un rien de temps. Pas une intelligence. Mais une Super intelligence. Imaginez, une Super Intelligence dont les capacités de calcul sont infiniment supérieures à celles des Hommes, comme le prouve la nouvelle pépite technologique de Google « Willow » pouvant calculer en seulement cinq minutes, ce que mettrait en dix septillions d’années, l’un des superordinateurs les plus rapides d’aujourd’hui. Un doux mélange de terreur et de fascination. De ce postulat, que deviendrions-nous ? A l’instar de l’Homme envers les animaux, deviendrions-nous l’espèce inférieure à défaut d’avoir été pendant des millénaires, l’espèce supérieure ? Un débat qui, aujourd’hui, quand bien même l’extinction de notre espèce n’est pas pour demain, est pris très au sérieux par de nombreux états.



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