La révolution du streaming opère depuis 100 ans…
Youtube, Netflix, ou Disney+ sont nées grâce à « Muzak ». En 1920, George O. Squier crée ce brevet permettant d’écouter de la musique via un système de flux sur des lignes électriques. La révolution du streaming est lancée, car il modifie profondément la consommation de contenus audio et vidéo.
C’est grâce à l’élargissement de la bande passante que la technologie du streaming a pu se développer et se démocratiser à travers le monde. Bien avant la naissance des plateformes SVOD, Microsoft flaire le filon pour créer à l’aube des années 2000 sa plateforme Windows Media Player 6.4.

Aujourd’hui, de « simples » requêtes sont lancées depuis nos mobiles ou nos écrans TV. Un serveur les reçoit et délivre le contenu désiré en un temps record. La lecture est fluide, grâce au chargement des données dans la mémoire tampon du device. Il n’est plus nécessaire de passer par un téléchargement sur le disque dur. A condition d’avoir une connexion digne de ce nom.
Des consommateurs de plus en plus accros au streaming.
Le streaming a profondément influé sur nos modes de vie, en créant de nouveaux usages. Qui serait prêt à subir des coupures intempestives lors du visionnage du dernier Star Wars IX à cause d’un téléchargement trop lourd ? (Surtout – attention spoiler – au moment où Rey apprend qu’elle est la petite fille de : impossible de le dévoiler ici… )
Par conséquent, les plateformes de streaming font désormais partie de notre quotidien et on ne saurait plus s’en passer. Toujours plus vite, où l’on veut et quand on veut, la consommation de médias audios et vidéos doit être personnalisée et répondre à tous nos désirs. Divertissement, actualités ou contenu pédagogique, ces plateformes sont devenues des sources inépuisables et rythment nos vies. Selon Statista, la consommation de vidéos en streaming a occupé près de 61% de la bande passante mondiale sur l’année 2019. Le streaming audio (Spotify, Deezer en France, …) représente seulement 0,4%.
Vous trouverez plus d’infographie sur Statista
Covid 19 : un dopage de nos usages et des plateformes de streaming.
Le confinement, la fermeture des cinémas, le manque de loisirs… naturellement, les individus se sont tournés vers le streaming, essentiellement la VOD et la SVOD. Au cours du premier trimestre 2020, Netflix a annoncé près de 16 millions d’abonnés supplémentaires dans le monde. Cette envolée s’est ralentie cet été, mais le sillon est bien creusé dans les usages. D’autant que ce géant a annoncé plus de 200 millions d’abonnés dans ses prévisions de fin 2020.
Cette année particulière traduit l’enjeu majeur des plateformes de streaming vidéo : ce n’est pas l’atteinte d’une audience record sur un contenu donné ou le volume du nombre d’abonnés à un instant T qui comptent, mais le maintien de l’attention du spectateur et le renouvellement de son abonnement.
L’impact de la Covid 19 sur l’industrie cinématographique est un accélérateur sans précédent et un atout pour doper les contenus de qualité. C’est pourquoi Warner Bros a décidé que ses productions cinématographiques de 2021 sortiront sur la plateforme de streaming HBO Max. Les fans de la trilogie Matrix pourront visionner The Matrix 4 installés confortablement dans leur canapé, en toute sécurité. Disney a décidé du même sort pour son film Mulan… L’expérience du spectateur en sera profondément modifiée, sur la durée.
Le streaming musical a lui aussi subi un impact avantageux. Lors du premier confinement, les plateformes ont vu leur consommation baisser, notamment du fait que les consommateurs ne prenaient plus les transports en commun. Mais cette tendance s’est vite inversée. Grâce au télétravail, il était plus évident d’écouter de la musique dans la journée. La crise sanitaire a confirmé une tendance favorable initialement : le streaming continue de progresser (+17,7% en France en 2020 selon le Snep, Syndicat national de l’édition phonographique).
SVOD : des mastodontes plongés dans la guerre des catalogues.
La SVOD (subscription video on demand) prend une place de plus en plus importante dans le budget des foyers, avec la multiplication des plateformes, qui amènent voire forcent à s’abonner à plusieurs d’entre elles pour avoir accès à ses contenus préférés. Les consommateurs peuvent aussi devenir perplexes face à une offre difficilement lisible ou comparable… ou trop chère pour leurs moyens. Pour obtenir un engagement plus important et pérenne, des offensives concurrentielles se mettent en place. Ainsi, des alliances voient le jour comme Netflix avec Canal + en France.

La puissance de la data et du moteur de recommandation ne fait pas tout. Ces plateformes sont fortement dépendantes des productions de films et de documentaires, et les utilisateurs réclament de la qualité. D’un côté, Netflix fait les yeux doux à de grands réalisateurs comme Scorcese, Fincher ou Cuaron pour diffuser leurs créations en exclusivité. De l’autre, les grands studios se lancent dans la bataille à coup de milliards de dollars. Disney en est le meilleur exemple d’anticipation, avec le rachat des studios Lucas-Art, Marvel et Pixar ces dernières années.
L’importance stratégique des plateformes de streaming dans l’industrie du divertissement est bien palpable chez nous. La création de la plateforme Salto en est une preuve tangible. Elle compile les contenus de TF1, France Télévisions et M6. Il faudra encore du temps pour conquérir un large public. Sa sortie en octobre dernier a raté le grand boum du premier confinement, et son catalogue ne propose pas aujourd’hui des contenus exclusifs… mais majoritairement du contenu en replay.
A noter que la fragmentation du marché de la SVOD induit aussi une menace autre que la concurrence légale. En effet, même s’ils ne sont pas majoritaires, certains amateurs de l’IPTV (Internet Protocol Television) illégale adoptent cette alternative pour avoir accès aux contenus souhaités.
Des dimensions et des usages plus larges.
Le streaming a permis de développer le business de nombreux secteurs du divertissement, comme les jeux vidéo avec Twitch, ou le visionnage de sport en direct. Et la révolution du streaming n’est pas prête de s’arrêter grâce au mobile et aux réseaux sociaux.
Le temps passé sur les applications mobiles a continué de progresser en 2020 et Tik Tok surfe sur une véritable vague de succès. Pour inspirer de plus en plus de TikTokers, l’application met à disposition des extraits musicaux de 15 secondes. Elle devient alors un véritable vecteur de succès et de ventes pour les artistes. On pourrait imaginer que les artistes soient dans l’obligation de créer des morceaux musicaux formatés, appropriés à ce format social… D’ailleurs, la maison mère de Tik Tok – ByteDance – a lancé sa propre plateforme de streaming, Resso, en Inde.
Désormais, le streaming est en passe de s’ancrer davantage dans nos habitudes de consommateurs et de devenir une arme supplémentaire du commerce. Le live streaming s’immisce chez les pure players et même chez les retailers. Afin de compenser les longs mois de fermeture dus à la covid 19, et ainsi liquider au maximum leurs stocks, des enseignes tentent l’aventure en France. En l’occurrence, IKKS invite ses responsables de magasin à proposer leurs propres sélections de looks. Et la FNAC donne rendez-vous aux fans de jeux vidéos pour une démonstration en direct des nouvelles consoles Xbox Series.
Ces sessions de live streaming deviennent des alliés pour maintenir un lien avec les consommateurs et leur faire vivre de nouvelles expériences avec la marque.
Un focus intéressant sur TikTok :
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