Nous voulons tous prendre de bonnes décisions. Nos médecins, conseillers financiers, employeurs, coachs sportifs… voudraient que nous fassions le «bon» choix. Les lieux et les espaces où nous prenons ces décisions forment ce que les chercheurs appellent notre «architecture de choix». L’idée de de pousser les gens à prendre la décision «optimale» est un pilier de la science politique, de l’économie et de la psychologie depuis des décennies. Cependant, y a-t-il des limites et des enjeux éthiques du Nudge ?
Définition du Nudge
Cass R. Sunstein définit dans son livre « Nudge: Improving Decisions About Health, Wealth, and Happiness » : La théorie du Nudge (ou coup de coude en français), fait valoir que des suggestions peuvent conduire un individu à des décisions et à des comportements qui peuvent bénéficier à la fois à l’individu et à la communauté. En effet, plutôt que d’interdire un comportement, les actions souhaitées sont encouragées presque par la furtivité.
L’exemple le plus cliché est peut-être l’image d’une mouche peinte sur les urinoirs des hommes. Ce nudge permet d’encourager un comportement optimal de pointage pour maintenir des toilettes propres.

Nudge et IOT
Entrez maintenant dans l’Internet des objets (IoT) – des millions d’appareils «intelligents» connectés et communiquant entre eux. L’IoT fournit désormais un accès 24/7 aux consommateurs. Couplé à des informations tirées des méga-données, l’IoT peut délivrer des messages pour vous pousser en fonction de plusieurs données.
En effet, ces appareils riches en capteurs, omniprésents et connectés, surveillent, gèrent et motivent les comportements avec des coups de pouce sous forme d’un buzz, d’un clignotement ou d’un battement.
C’est la promesse et la menace de l’Internet des objets. Des appareils portables tels que les bandes de fitness aux gadgets pour la maison intelligente. A l’avenir, vos balances indiqueront à votre réfrigérateur que vous êtes au-dessus de votre poids cible. Elles suggéreront une salade pour le dîner plutôt que de la pizza, même si cette dernière est exactement la gâterie qui vous donne le plus besoin d’humeur après une journée stressante.
Bad Nudge Bad Robot

Par ailleurs, Les objets connectés et en particulier les agents conversationnels tels que Google Home et Alexa, apportent une nouvelle dimension à l’interaction, à savoir la parole. Ils pourraient devenir un moyen d’influencer les individus. Cependant, ils ne sont actuellement ni réglementés, ni évalués et très opaques.
Le projet Bad Nudge Bad Robot, projet de l’institut de convergence DATAIA, met en avant l’importance de l’éthique dans la création de ces objets numériques conversationnels capables de nudges.
Limites éthiques
Il est important de comprendre l’impact de ces nouveaux outils dans la société, et de focaliser ce sujet sur l’éthique et de connaitre les limites et les enjeux éthiques du Nudge. « Les objets s’adresseront à nous en nous parlant. Il est donc nécessaire de mieux comprendre notre relation avec ces objets bavards sans conscience, émotions ni intentions propres. En effet, les utilisateurs ne sont pas conscients aujourd’hui du fonctionnement de ces systèmes. Ils ont tendance à les anthropomorphiser. Pour éviter ces confusions entre la vie et l’artifice, les concepteurs doivent fournir plus de transparence et d’explication des capacités de la machine « , explique Laurence Devillers.
En outre, l’objectif ultime du projet est de créer des objets « éthiques par conception » et de réfléchir à une dynamique internationale sur ce sujet.
Les utilisateurs ont besoin de savoir comment les systèmes savent ce qu’ils savent. De savoir pourquoi ils proposent ce qu’ils nous proposent, comment ils utilisent nos données pour y parvenir, et quelles données les aident à arriver à ces conclusions.



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