La connectivité des véhicules est un facteur de développement d’une approche de « gestion professionnelle » du véhicule, et apporte une valeur ajoutée non négligeable au CRM. Cependant les différents acteurs sont toujours en quête d’un business model viable et rentable pour la l’utilisation de la télématique dans l’aftermarket.
« Gestion professionnelle du véhicule : Le marché des particuliers commence à ressembler à celui des professionnels (Gestionnaires de flottes). Les consommateurs veulent désormais des offres packagés de réparation et maintenance avec des services réguliers sur une période. Avec l’utilisation de la télématique dans l’aftermarket *, ça devient possible »
*Aftermarket = Marché de l’après-vente automobile
La télématique dans l’aftermarket et la connectivité des véhicules, comment ça marche ?
De nos jours, la connectivité dans les véhicules est omniprésente. Le meilleur exemple étant la fonctionnalité d’appel d’urgence (eCall) qui est maintenant obligatoire dans les nouveaux véhicules. La généralisation de la connectivité des véhicules est due à la baisse des coûts de la technologie et la rapidité croissante des réseaux mobiles.
On remarque de plus en plus de constructeurs automobiles qui intègrent la connexion internet à leurs véhicules comme fonctionnalité de base. Ces constructeurs cherchent bien sûr à améliorer l’expérience du conducteur. Cependant cette connexion a un autre but derrière : la possibilité de récupérer la data liée au véhicules.
Autres solutions télématiques pour collecter de la data sont déjà disponibles depuis un certain temps. Que ça soit sur le marché des professionnels ou des particuliers. Ceci se fait généralement à travers des « dongles » insérés dans le port OBD du véhicule. MUNIC à titre d’exemples vend des smart « dongles ». Ci-dessous un schéma expliquant le processus.

Comment les acteurs utilisent-ils cette data issue de la télématique dans l’aftermarket?
Même si la télématique dans l’aftermarket continue à prendre de la place. La réalité actuelle est que les acteurs du marché n’exploitent pas le potentiel des nouveaux véhicules connectés. Malgré les revenus énormes que peut apporter un service de réparation et d’entretien digitalisé.
Plusieurs constructeurs automobiles ont déclaré qu’ils collectent des données qui pourrait servir pour la réparation et la maintenance. En effet ils sont capables de récolter des informations sur des défauts à venir, usure de disques de freins, etc. Cependant, leurs systèmes internes ne sont pas encore prêts et équipés pour traiter cette donnée. Et donc ne peuvent pas l’utiliser pour gagner du chiffre d’affaire à travers leurs concessionnaires et réparateurs agréés. Le graphique ci-dessous explique la position des acteurs rassemblant des données en utilisant la télématique dans l’aftermarket français.

Le comportement des consommateurs vis-à-vis du diagnostic à distance
En utilisant la donnée issue de véhicules connectés, on peut changer les modes de réparation et de maintenance des véhicules. On peut notamment faire du diagnostic à distance et même de la maintenance prédictive. La perception des consommateurs varie selon leur profil : particuliers ou professionnels.
Les particuliers considèrent que la maintenance de leurs véhicules comme une charges supplémentaire qu’il faut éviter ou minimiser au maximum. Ils ne sont pas ouverts à l’idée de payer un service qui va les alerter sur les entretiens à faire. Pour eux, ça revient à payer un service qui leur dira d’aller dépenser plus d’argent chez les réparateurs, sans connaître quels sont les bénéfices et les coûts de cette réparation.
Pour les professionnels, et plus spécialement les gestionnaires de flottes, l’adoption de cette technologie se généralise. Plus du tiers des flottes de plus de 50 véhicules en Europe utilisent la télématique embarquée. Cependant ces entreprises utilisent principalement la technologie pour manager les heures et durée d’activité des chauffeurs, ainsi que leur comportement de conduite. L’idéal serait de l’utiliser aussi dans la minimisation des coûts de réparation et maintenance et des coûts liés à l’immobilisation des véhicules.
Quel business model serait bénéfique pour toutes les parties prenantes ?
Un business model qui pourrait marcher et faire évoluer la télématique dans l’aftermarket doit être basé sur 2 caractéristiques très importantes :
- Les entreprises doivent supporter le coût de de la télématique embarquée
- Les entreprises doivent apporter des services additionnels qui apportent de la valeur ajoutée et qui ont du sens pour les consommateurs.
La télématique a très bien pénétré le marché des assureurs automobiles
La télématique dans l’aftermarket est très utilisée spécialement dans un segment du marché, celui des assureurs.
En effet, le type d’assurance connu sous le nom de « L’assurance au kilomètre » ou « Usage-based insurance » (UBI) permet de chiffrer le tarif d’assurance selon l’utilisation réelle du véhicule.
L’assureur récolte alors les informations liées aux dates, aux horaires de circulation et au déplacement des véhicules et d’autres information par le biais d’un logiciel de géolocalisation. La tarification est établie en fonction de l’utilisation de chaque conducteur.
L’utilisation de cette technologie élargie le champ des possibles. Puisqu’on peut avoir les données du véhicule, on peut connaitre le comportement de conduite du client, ce qui permettra de créer une offre d’assurance avec des clauses spécifiques à ces habitudes. Par exemple mettre en place une prime de risque additionnelle pour un conducteur qui roule à une très grande vitesse, un autre qui conduit trop longtemps sans faire de pauses ou un conducteur qui utilisent son smartphone au volant.
Quelques pays encouragent l’utilisation de cette technologie à travers des réglementation. En Italie, les autorités obligent les assureurs de proposer une offre « UBI ». A noter que 17% du parc circulant italien utilise ce type d’assurance.
Les avantages pour les assureurs
L’accès aux données relatives aux conducteurs présente donc plusieurs avantages non négligeables.
- Mettre en place un plan plus granulaire des risques
- Créer un pricing personnalisé « Pay How You Drive »
- Réagir immédiatement aux accidents
- Faire bénéficier les réparateurs et fournisseurs de pièces partenaires de l’assurance en leur confiant le véhicule à réparer.
Les avantages de la télématique embarquée sont très attrayants pour les assureurs. Cependant, la croissance reste assez limitée. Une des raisons qui puisse expliquer cela, est la réticence des conducteurs. En effet, les conducteurs ne sont pas tous d’accord pour souscrire à une offre d’assurance qui se base sur un tracking de leurs déplacement et habitudes de conduite.
Merci pour votre attention.
Mohamed NFAOUI



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