- Qu’est ce qu’un robo-advisor ?
- Avantages pour les épargnants
- Les différents types de robo-advisors
- Popularité des robo-advisors en Europe
- Perspectives des robo-advisors, le pari de Citizens
- Le Covid-19, quels effets ?
Leurs noms commencent à sortir des cercles d’initiés, et pour cause : s’ils étaient réservés depuis plusieurs années déjà aux professionnels de la finance, les robo-advisors se démocratisent largement aujourd’hui auprès du grand public. Les premiers robo-advisors destinés à cette clientèle sont apparus en France en 2015.
La pandémie du Covid-19 et la transition digitale qu’elle a accélérée, a également poussé les particuliers à se tourner vers ces conseillers financiers virtuels pour leur épargne.
Qu’est ce qu’un robo-advisor ?
Traduit mot à mot de l’anglais, le terme français pour robo-advisor, est conseiller-robot. Il s’agit en réalité d’une plateforme connectée, qui utilise des algorithmes complexes basés sur des milliers de données, et qui donne des conseils en investissements financiers.
Pour fonctionner, un robo-advisor établit préalablement le profil de son client et le niveau de risque qu’il est prêt à prendre en intégrant des dizaines de données recueillies par des questionnaires.
C’est l’alliance entre l’humain et la machine qui permet au robo-advisor de donner des conseils d’expert.
Il s’agit donc d’un véritable conseiller financier digital.
Avantages pour les épargnants
Si les robo-advisors connaissent un succès grandissant, c’est parce qu’ils offrent plusieurs avantages aux épargnants :
- Accessibilité au plus grand nombre : Les fonds nécessaires pour bénéficier des services de robo-advisors ne sont que de quelques centaines d’euros, ce qui permet à un grand nombre d’épargnants de gérer leurs actifs. Si la gestion par mandat nécessite généralement des économies importantes, les Fintechs ouvrent leurs services à des portefeuilles plus modestes.
- Facilité d’utilisation: le deuxième avantage du robo-advisor est sa facilité d’utilisation. L’ensemble du processus se déroule en ligne et l’outil de reporting est simple et intuitif à utiliser. Il convient de noter qu’il permet de cibler une clientèle plus jeune, qui a été largement ignorée par les banquiers et les conseillers financiers indépendants.
- Enfin, leurs tarifs. L’automatisation, la réduction des intermédiaires, la réduction des coûts fixes rendent leurs tarifs compétitifs. Les investissements en Trackers ou ETF (Exchange Traded Funds) permettent également de faire baisser les prix. En effet, ces instruments « offrent la possibilité d’investir sur toutes les actions composant un indice en achetant qu’un seul titre ». Il ont donc des frais réduits par rapport à d’autres titres cotés.

Les différents types de robo-advisors
Il existe 3 types de robo-advisors :
- Les conseillers : il ne proposent que des conseils sur des contrats et des comptes existants.
- Les conseillers en gestion : après l’ouverture d’un compte, ils donnent des conseils sur l’allocation des produits d’investissement.
- Les conseilles en gestion sous mandat : il s’occupent à 100% de la gestion des comptes.
Les fonds d’investissement peuvent également varier d’un robo-advisor à l’autre : passifs, actifs ou ETF (Exchange Traded Funds).
En résumé, quel que soit son profil, l’investisseur pourra gérer son patrimoine de la façon qui lui convient : avec de simples conseils ou en délégation totale, et sur des fonds garantis ou plus risqués.
Popularité des robo-advisors en Europe
En janvier 2020, les robo-advisors géraient aux USA près de 750 milliards de dollars (667 milliards d’Euros). Ceci représente 4,8% du marché de la gestion d’actifs des particuliers.
Ces chiffres sont bien supérieurs aux européens. Selon une étude menée par Newsmanager.com (Boursorama Banque), c’est le marché Allemand qui arrive en tête de l’Union Européenne : les robo-advisors gèrent 1,1% des encours privés outre-Rhin. Chez leurs voisins européens, les robo-advisors ne connaissent pas encore le même succès, puisque les chiffres tombent à 0,4% en Belgique et aux Pays-Bas, ou 0,1% en Espagne et en France.
Perspectives des robo-advisors, le pari de Citizens
Il existe deux camps distincts chez les banques : celles qui voient un avenir dans les robo-advisors et celles qui renoncent à s’impliquer dans ce domaine. Malgré les difficultés, le premier camp continue d’élargir ses rangs. La solution adoptée par banque américaine Citizens illustre bien cet engouement. L’entreprise vient d’annoncer l’élargissement de sa stratégie initiale. En effet, étant donné la hausse du nombre de comptes paiement dans le giron des robo-advisors indépendants, et la popularité croissante de ces comptes auprès des jeunes, Citizens a intégré sa propre plateforme.
La banque américaine mise sur son avantage principal face aux plateformes indépendantes : être un point de contact client unique pour toutes les demandes. Enfin, pour conforter sa position, Citizens a conçu un produit d’épargne hybride, SpeciFi. Il combine un compte à taux fixe, sans risque, avec un portefeuille plus volatile à rendements plus élevés.
Cette solution arriverait au bon moment. Alors que toutes les banques cherchent à attirer les nouveaux clients en leur parlant tout de suite d’investissements, Citizens anticipe. Ses clients ont désormais accès à une plateforme qui les familiarise à une épargne automatisée. L’objectif est de les encourager à investir via son robo-advisor SpeciFi.
Avec cette stratégie, Citizen parie sur une stratégie à long terme. Selon le blog « C’est pas mon idée » , cette stratégie est risquée. Pour lui en effet, « déployer un produit et attendre que les consommateurs y recourent quand ils en ressentent le besoin est le plus sûr moyen de laisser des acteurs plus agressifs s’emparer du marché. » Selon lui encore, il faut surtout s’assurer que l’intégration d’un robo-advisor réponde aux objectifs de vie de chaque client.
Le Covid-19, quels effets ?
Depuis la crise sanitaire du Covid-19, les français se sont soudain passionnés pour l’épargne et pour son investissement. Si l’on a parlé de vague verte dans la finance, on peut également parler aujourd’hui de vague d’investissements. Selon l’AMF, plus de 150 000 personnes se sont lancées dans l’investissement au mois de mars 2020. Les achats d’actions ont quadruplé sur cette période. En bourse ou sur des fonds moins incertains, chacun a choisi sa formule. En tout état de cause, les solutions digitales se sont imposées.
Pendant le confinement, les professionnels de l’investissement financier n’étaient pas toujours joignables pour répondre aux questions de leurs clients. Et même s’ils l’étaient, ils n’avaient pas forcément les moyens de contractualiser les opérations, via la signature électronique par exemple.
Les grands gagnants sont donc les épargnants qui avaient opté pour des solutions 100% digitales. Ce sont surtout chez les banques en ligne que les investisseurs ont pu tirer leur épingle du jeu. Notamment pour les produits d’assurance-vie, qui sont gérés par des robo-advisors.
Cette crise aura donc été un coup d’accélérateur à la digitalisation des banques, et le sera également pour les épargnants. En effet, la signature électronique est en passe de devenir la norme, et les rendez-vous entre les conseillers et les clients ont montré qu’ils pouvaient se faire à distance. Les robo-advisors ont également acquis leur légitimité, notamment en assurance vie. En résumé, tout est réuni pour que les épargnants se tournent désormais vers les mandats de gestion pilotée de leurs capitaux.



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