Développeur est devenu l’un des métiers les plus prisé par les entreprises ces dernières années. Dépendant de ces talents pour développer des sites internets, applications mobile, et logiciels, l’émergence du no-code est apparue comme une opportunité pour redonner aux équipes opérationnelles de l’indépendance et de l’autonomie. Plus besoin de savoir coder pour produire un minimum viable product ou encore une application d’entreprise pour le service logistique d’un grand groupe. De nombreux acteurs reconnus comme Microsoft ou plus récents comme Airtable, Unqork, Webflow se sont positionnés sur ce marché en plein essor. Selon le cabinet Gartner, d’ici 2024, ce sont 65% des applications qui seront développées en no-code. Cette véritable révolution technologique répond à de grands enjeux et soulève également des problématiques. C’est ce que nous allons mettre en lumière dans cet article.
- Émergence des outils no-code
- Les utilités du no-code en entreprise
- Les consommateurs de no-code
- Impacts du no-code sur l’efficacité opérationnelle
Émergence des outils no-code
Le premier outil no-code est un tableur nommé VisioCalc distribué par Apple avec l’Apple 2 en 1979. Dans l’histoire, c’est la première fois qu’un utilisateur pouvait, grâce à un outil, appliquer des centaines d’opérations rapidement sans coder la moindre ligne. VisioCalc est devenue rapidement une killer app1 et a amélioré considérablement l’efficacité opérationnelle en entreprise. Depuis, les technologies ont évolué et la capacité des outils no-code à répondre à de nombreuses problématiques également. Aujourd’hui, le marché du no-code et low-code est encore en phase d’évolution. Cependant, en 2020 il a rapporté 15 milliards de dollars (Forester) et pesait plus de 20 milliards de dollars (ResearchAndMarkets).
De plus en plus d’entreprises s’intéressent et développent des outils no-code à destination des utilisateurs finaux : particuliers, indépendants, petites et grandes entreprises. La force de cette technologie est sa faculté à s’adapter à de nombreux projets, utilisateurs et problématiques. La création d’un email complexe facilité grâce au drag and drop2 ou encore la création d’un site internet sans rédiger la moindre ligne de code sont des opérations possibles et de plus en plus simples grâce au no-code. Le low-code est le prolongement du no-code. Il permet aux utilisateurs de personnaliser/modifier une interface ou une plateforme avec une partie codée aussi réduite que possible. Par exemple, le CRM Salesforce, dans sa version low-code Lightning Experience, permet aux utilisateurs de créer des workflows puissants et personnaliser l’interface.3
1 Histoire de la construction de l’objet tableur, 2007
2 Drag and Drop: Influences on the Design of Reusable Software Components, 2011
3 The Forrester Wave™: Low-Code Development Platforms For AD&D Pros, Q4 2017, The 13 Providers That Matter Most And How They Stack Up
Les utilités du no-code en entreprise
Les entreprises rencontrent de plus en plus de difficultés à fournir des outils performants à leurs équipes pour travailler.
Traditionnellement les entreprises de centaines, de milliers d’employés développent leurs propres applications pour gérer leurs processus de ventes, de support client, de logistique ou de veille économique. Avec le temps, le développement d’outils en interne est devenu très coûteux. Il prend du temps aux développeurs déjà submergés, nécessite une mise à jour régulière pour éviter l’obsolescence et demande parfois des compétences spécifiques pour les utiliser.
Les entreprises sont à la recherche de nouvelles alternatives pour réduire ces coûts, augmenter leur agilité et améliorer leurs capacités d’exécutions ; tout en renforçant l’autonomie de leurs équipes.4
Les plateformes no-code et low-code sont devenues de véritables solutions à ces nouveaux besoins. En effet, les logiciels low-code permettent aux développeurs de travailler plus rapidement et plus efficacement. Les milliers de lignes de code utilisées pour construire une application sont remplacées par la création d’éléments de construction réutilisables. Les collaborateurs peuvent ainsi enrichir et utiliser ces éléments de manière autonome sans aucun codage supplémentaire. Grâce au no-code, les équipes répondent elles-mêmes à leurs besoins en matière d’applications d’entreprise. Elles disposent d’interfaces utilisateur modernes pouvant s’intégrer dans leurs systèmes de base. Le tout, sans dépendre de la disponibilité des équipes informatiques et sans détériorer la qualité des applications développées.
Les entreprises répondent ainsi à leurs besoins de modernisation sans recruter de nouveaux talents. Dans le même temps, elles gagnent en agilité et en efficacité. Le développement de ces nouveaux outils contribue également à développer un écosystème numérique mature qui pourra être utilisé comme un avantage concurrentiel. Il permettra aux entreprises d’atteindre de nouveaux objectifs.
Selon Gartner5 d’ici 2024 le développement d’applications low-code représentera plus de 65 % de l’ensemble des activités de développement d’applications.
4 Pourquoi le low-code et le no-code sont l’avenir des applications d’entreprise, Monday, 2020
5 Gartner Magic Quadrant for Enterprise Low-Code Application Platforms, Gartner, 2019

Les consommateurs de no-code
Il y a différents types de consommateurs ou plutôt d’utilisateurs du no-code. En fonction du projet, de sa complexité et de son envergure, les utilisateurs diffèrent pour utiliser cette technologie au plus proche des problématiques. Les deux grands groupes d’utilisateurs du no-code sont les makers6 et les utilisateurs finaux.
Les makers utilisent le no-code pour créer des structures, des plateformes ou des applications qui ont une valeur pour les clients. Dans ce cas, le no-code est un produit qui est vendu. Ce peut être des agences qui montent des projets clés en main ou des logiciels qui utilisent cette technologie (Mailchimp avec le drag and drop, Zapier avec les intégrations interlogiciels, etc).
Les utilisateurs finaux sont multiples.7 Il y a les interlocuteurs opérationnels qui contrôlent le développement et le déploiement des projets no-code et/ou low-code. Ils s’assurent que le cahier des charges est bien rempli. En fonction des types d’entreprises, ces interlocuteurs sont amenés à changer. Pour les start-ups, chaque responsable d’une business unit peut intervenir. Dans les PME, c’est très souvent le patron de la société qui s’en charge pour réduire les coûts. Dans les grandes sociétés, les interlocuteurs peuvent être les directeurs techniques, les CDO, les directeurs marketing ou les patrons de lignes business. Lorsque l’utilisateur final n’est pas un interlocuteur opérationnel, c’est un interlocuteur au quotidien. Cet interlocuteur utilise (souvent sans le savoir) des outils dits « no-code ». Dans ce cas, cela peut être un(e) DAF, des équipes logistiques, BI, commerce, etc.
6 No Code Required: Giving Users Tools to Transform the Web, 2010
7 The Rise of No/Low Code Software Development—No Experience Needed?, 2020
Impacts sur l’efficacité opérationnelle
L’émergence et la popularité du no-code s’expliquent par la pénurie de développeurs. De plus, il est devenu impératif d’améliorer sans cesse les délais d’exécution des projets. Les équipes cherchent constamment à optimiser leur temps pour gagner en autonomie et en efficacité afin d’être plus agile. Que ce soit des TPE/PME ou de plus grandes entreprises, les utilisateurs sont unanimes sur les avantages et gains en efficacité apportés par cette nouvelle technologie.
Dans les grands groupes, les outils no-code soulagent les départements techniques. Ils permettent également aux fonctions touchées par des pénuries de ressources IT de développer leurs propres solutions (ex: scoring de crédit ou des applications d’onboarding).8
En start-ups, les outils no-code sont très utiles pour développer un MVP (Minimum Viable Product). En effet, cela permet de tester rapidement une proposition de valeur. Enfin, la recherche d’autonomie et de flexibilité amène également les petites entreprises à se tourner vers ce type d’outils. Ils peuvent facilement être liés entre eux et permettre d’automatiser une partie des tâches. « Nous utilisons Webflow comme CMS, Memberstack pour la gestion des comptes et Airtable pour la gestion technique du site. Tous ces outils sont liés entre eux grâce à Integromat », déclare Maxime Di Mascio.
Si les outils no-code permettent un gain d’efficacité, ils peuvent aussi s’avérer complexes. Afin de mener à bien la majorité des projets, les utilisateurs doivent disposer d’un minimum de bagage technique, d’une solide culture des bases de données et d’une réelle appétence pour l’UX et l’UI.9
8 No-code, low-code…, F.Deblock, L’usine digitale, 2021
9 Plateforme de développement low-code/no-code, La Rédaction TechTarget, Le MagIT, 2020



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