Les leviers digitaux au service des artisans
La transformation digitale touche l’ensemble des métiers, le monde de l’artisanat y-compris. Cette transformation est essentielle pour saisir l’ensemble des opportunités que représente la digitalisation et devient un pré-requis dans le développement de l’activité d’un artisan. Le mot digitalisation est synonyme de grands groupes, mais qu’en est-il de la digitalisation du monde de l’artisanat ?
Menée auprès de 3249 dirigeants d’entreprises, de micro-entreprise, PME, TPE par l’association française pour le nommage et internet commun, l’AFNIC, l’étude cherche à analyser les usages et pratiques du digital au sein des entreprises des répondants.
Nous attirons votre attention sur le fait qu’un focus groupe a été réalisé auprès de 309 artisans par Le monde des Artisans sur la base de cette première étude. L’objectif étant de démontrer les enjeux et limites de ces nouvelles pratiques chez les artisans.
Répartition du panel d’artisans : Secteur de la mode de l’habillement : 41% – Agroalimentaire et alimentation : 18% – Soins, esthétique, coiffure : 17% – Bâtiments et travaux publics : 6% – Edition et imprimerie / Transport et logistique / Automobile et mécanique : Individuellement inférieur à 5%.
Quelle compréhension des enjeux du digital des artisans en France ?
Les enjeux du digital sur le secteur de l’artisanat ont été saisis. L’ensemble des 309 artisans du focus groupe affirme que les leviers digitaux sont indispensables au développement de leur activité. Les artisans interrogés affirment investir dans leur stratégie digitale sous deux formes :
- Ils investissent du temps, au moins une heure par jour pour ¾ d’entre eux
- Ils investissent également de l’argent quand ⅔ des artisans interrogés investissent de 300 à 5000€ par an dans leurs leviers digitaux.
A noter que, or focus groupe artisans (incluant l’ensemble du panel) 85% des dirigeants interrogés investissent 1h par semaine ou moins sur leur présence digitale. Par soucis de temps et de priorité, l’usage du digital diminue à mesure que l’entreprise, elle, se développe. En revanche, les budgets associés sont eux, augmentés.
Qu’attendent les artisans de leurs usages du digital ?
Autre signe fort de cette tendance, la bonne visualisation des opportunités offertes aux artisans par le digital. On peut décliner l’usage du digital sur le secteur de l’artisanat en deux axes principaux.
Développer leur activité commerciale
Plus de la moitié des artisans interrogés (53%) ont mis en place un site marchand. De manière général, le contenu proposé se limite à la présentation de l’activité de l’artisan et des informations d’ordres pratique. Au delà d’une certaine visibilité, le principal but des artisans reste de vendre leurs produits et services. Ce premier réflexe est bénéfique à un tiers des répondant qui parviennent à réaliser des ventes à travers ce canal.
Développer leur notoriété
Autre enjeu de la digitalisation pris au sérieux par les artisans, les réseaux sociaux. Ils cherchent à travers ce canal à se rendre visible auprès de leur clientèle et leur apporter un service complémentaire. (84%) des répondants disposent d’au moins un réseau social actif. (Facebook (94%), Instagram (68%) et Linkedin (30%) restent les réseaux les plus privilégiés.)
Quels sont les freins à la digitalisation de l’activité commerciale des artisans ?
Bien que les leviers digitaux se démocratisent, le contenu publié n’inclut pas une certaine technicité et certains réflexes essentiels à la génération de trafic et d’activité sur ces canaux.
Manque de compétences sur les leviers d’activation digitaux
Moins de la moitié des artisans interrogés met en place les actions nécessaires en terme de contenu “technique”, indispensable à la génération de trafic et à l’expérience client, comme un article de blog, un tutoriel, activer les commentaires clients, ou encore mettre en place une campagne de référencement ou de publicité payante.
- 26% des répondants ne cherchent pas à développer leur base de données clients à travers les leviers digitaux adéquats. (e-mail, newsletter, code promo, réservation en ligne)
- 37% ont recours à l’écriture d’article, 63% apportent une au aucune modification à leur site, ne pensant pas avoir d’histoire à raconter ni les capacités humaines pour les écrire
- 38 % se considèrent comme satisfaits de leur positionnement sur les moteurs de recherche
- 67 % de la population interrogée ne mène pas de campagne de communication payante
Incapacité de mesurer la performance de sa présence digitale
Autre frein à l’adoption des leviers digitaux par les artisans, la difficulté voir l’incapacité de mesurer la performances de ses efforts digitaux. Ce manque de visibilité ne favorise pas l’investissement tant financier qu’humain sur les différents leviers du digital.
- 60% des dirigeant interrogés ne peuvent pas mesurer la part que représente le digital dans leur activité
Une attitude passive à contre-courant des attentes du web
Le manque de compétences au sujet des différents leviers évoqués précédemment et l’incapacité de mesurer les performances des actions menées sur le web amènent ces acteurs à adopter une posture passive.
Une fois ces leviers mis en place, les acteurs interrogés attendent que les visiteurs viennent à eux sans mettre en place d’actions particulières et n’accordent que peu ou pas de budget à ces leviers.
- 7% uniquement des candidats interrogés dépensent plus de 5000€ par an pour leurs leviers digitaux
- 74% des entreprises interrogées ne mettent pas en place de rétro-planning de publication
- 85% des dirigeants interrogés déclarent que leurs entreprises investissent 1h par semaine ou moins sur leur présence digitale.
Quel avenir pour le digital auprès des artisans français ?
Le digital est aujourd’hui bien ancré dans notre société et les enjeux associés à cette tendance sont à la fois comprit et saisis par les artisans, micro-entreprise TPE et PME qui mettent en place, à leur échelle, leur stratégie digitale.
Malgré les efforts investis dans le déploiement de solutions digitale dans leur activité, leur manque de compétences empêche ces plus petits acteurs d’embrasser complètement l’ensemble des opportunités qu’offre cette transformation digitale.
A ce manque de compétences s’ajoute un manque de visibilité sur les performances favorisant ainsi l’adoption d’un comportement passif au sujet du digital. Ce phénomène contribue à un cercle vertueux, vicieux, amenant les leviers contemporains, physiques, à être encore privilégiés face à ceux du digital.
La prise de conscience digitale de ces acteurs n’est donc plus à discuter. En revanche ils sont encore fragiles sur certains axes de la digitalisation qui constituent à ce jour un avantage concurrentiel sur le marché comme :
- La création de contenu
- La diffusion de contenu
- La mesure de la performance digitale
J’espère que cet article vous à plu. Au plaisir d’échanger,



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