Le marché de l’art peut-il devenir un marché complètement digital?

4 juin 2021

Le marché de l’art a une place physique mais aussi numérique depuis les années 2000. Quelques années plus tôt, il était impensable d’acheter une œuvre d’art sans l’avoir vue. Aujourd’hui, grâce à l’essor d’Internet, c’est devenu possible.

L'intérieur du musée du Louvre à Paris
L’intérieur du musée du Louvre à Paris

Le marché de l’art avant la pandémie 

D’après l’étude faite par d’Hiscox se nommant le marché de l’art 2019, il précise qu’avant la pandémie COVID-19, en raison de l’expansion de la base d’acheteurs mondiale, du développement technologique et de la croissance globale du commerce électronique, dans le marché de l’art, les ventes d’œuvres d’art en ligne augmentent régulièrement. Entre 2013 et 2019, les ventes en ligne ont doublé pour atteindre près de 6 milliards de dollars.

Le marché de l’art pendant la pandémie

L’année 2020 est “l’année pivot” pour le marché de l’art. Par le rapport Hiscox de l’année 2020, les activités de vente d’art hors ligne ont été limitées en raison de l’impact de l’épidémie. La part des ventes en ligne est également passée de 9% des ventes totales en 2019 à 25% en 2020 d’après l’étude d’Hiscox. Les ventes d’art digital sont très demandés en raison de leur commodité et de leur confort. Mais il n’est pas encore parfait. D’après nos recherches sur le marché de l’art, la confiance et l’authenticité reste les deux principaux problèmes.

“Il est difficile de faire confiance à la sécurisation des achats mais aussi à la fiabilité des informations de l’œuvre sur une plateforme digitale.” 

Rapport Hiscox 2019 sur le marché de l’art en ligne, p22

Les risques du marché de l’art digital

Comme nous l’avons dit, sur le marché de l’art digital,  la confiance est la principale préoccupation des clients. Les grandes maisons de vente aux enchères sont souvent plus favorisées en raison de leur réputation. Ce qui conduit également à une crise existante pour les petites entreprises d’art dans ce marché de plus en plus digital. Trouvez ci-dessous des schémas des différents parcours du cycle de vie des oeuvres d’art digital et physique.

D’après l’étude de Pauline Balayer ‘Émergence des modèles alternatifs de vente d’objet : remise en perspective du marché de l’art en ligne et
focalisation sur la société Expertissim’
sur la plateforme Expertissim, nous pouvons constatés des problèmes dans le parcours d’achat et de vente des oeuvres d’art. Le parcours de vente en ligne est plus long et moins souple.  Cependant, cette plateforme fonctionne que pour les oeuvres du ‘middle art’. Le marché de l’art du moyen de gamme représente 81% du marché de l’art et se digitalise de plus en plus. Les oeuvres « haut de gamme » sont vendues par des ventes physiques.

Avec la mondialisation du marché de l’art, le transport est également une étape importante. L’emballage des œuvres d’art est important par rapport aux produits ordinaires. La méthode d’emballage de chaque pièce est basée sur les principes de fixation et d’amortissement des chocs. Généralement, pour le transport des œuvres d’art, c’est le transport aérien ou une combinaison de transport maritime et terrestre . Le transport aérien est coûteux, mais il peut minimiser le risque sur les œuvres d’art en cours de transit. Le transport maritime est beaucoup plus économique. Mais une période d’expédition plus longue signifie également qu’il faut supporter des coûts plus élevés. Les grandes maisons de vente aux enchères telles que Sotheby’s, Tajan, utilisent transport MONIN qui est leader dans le transport d’œuvre d’art en France. Alors que la plupart de plateforme comme ‘achetez de l’art’ utilise chronopost alors qu’il est stipulé dans leurs conditions générales qu’ils ne prennent pas les objets d’art.


Les innovations technologiques

Suite à cette analyse et toutes nos lectures, nous avons pu identifier des innovations.

La blockchain

Grâce au livre Objets d’art : les enjeux de la blockchain écrit par Jurgen Dsainbayonne, il explique que « la blockchain permettrait d’enregistrer et de certifier tout le parcours d’une œuvre d’art (création, vente, exposition, prêt, legs, restauration…) pour en garantir la provenance fiable et non répudiable, tout en assurant la gestion des interactions entre les parties concernées. Dans ce cas, l’authenticité, l’historicité ou encore la valeur d’une œuvre deviennent des informations vérifiées, immuables. Au-delà de la traçabilité du parcours d’une œuvre, la blockchain pourrait bien constituer un nouveau socle technologique pour la propriété intellectuelle et les droits d’auteur. »

La crypto-monnaie

Elena Sidenora dans son étude The Cyber Turn of the Contemporary Art Market, les phénomènes de la crypto-monnaie et de la blockchain sont plutôt nouveaux dans la recherche et la pratique du marché de l’art en ligne. D’un point de vue économique, la crypto-monnaie est un actif numérique utilisé comme moyen d’échange et basé sur le principe du contrôle décentralisé qui permet aux utilisateurs d’envoyer des paiements sans passer par une autorité centrale, telle qu’une banque ou une passerelle de paiement. Le Bitcoin est apparu comme un logiciel open source écrit par Satoshi Nakamoto en 2009. C’est la crypto-monnaie la plus utilisée dans le monde d’aujourd’hui. Les bitcoins représentent une forme spécifique de monnaie «virtuelle» qui est donnée en récompense du processus appelé minage. Ce qui correspond à une opération de tenue de registres exécutée grâce à l’utilisation de la puissance de traitement informatique. Les transactions financières effectuées avec l’utilisation de bitcoins sont vérifiées et enregistrées dans un grand livre distribué publiquement appelé blockchain. C’est un type de rail de paiement qui sécurise le protocole de communication réseau paire-à-paire intégré dans l’algorithme de création et de vérification des opérations avec une crypto-monnaie spécifique.

L’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle est également un outil de marketing d’e-commerce pour relier des œuvres d’art et des objets de collection. En plus des maisons de vente aux enchères et les marchands qui se tournent vers le commerce électronique.

Online viewing rooms et diverses plates-formes ont également élargi leur disponibilité à la vente digitale sur le marché de l’art. Les autres technologies générées par l’IA qui gagnent lentement du terrain dans le commerce de l’art en ligne. Comme la réalité virtuelle (VR),les entreprises d’art en ligne ont commencées à appliquer une vue à l’écran de 360 degrés pour offrir une visite en VR des expositions d’art.

La réalité augmentée (RA) permet de combiner des éléments physiques avec le monde numérique. Les plateformes d’art en ligne telles que Saatchi Art et Artsy ont développé des applications de RA . Il permette d’offrir à leurs clients la possibilité de prévoir des œuvres d’art à la maison ou dans d’autres contextes en les accrochant numériquement à leurs murs.

Montrer les innovations technologiques
Une femme qui utilise un casque de réalité virtuelle

Le marché de l’art devient digital

Le marché d’art en ligne s’affranchit des contraintes de temps et d’espace. Il rend les informations plus symétriques et les transactions plus transparentes et favorise la démocratisation du marché de l’art. Toutes les recherches indiquent que le commerce digital approtera une croissance de leur chiffre d’affaires en 2021 mais aussi après. En raison de la particularité du marché de l’art, la position du marché en physique est encore importante. Le marché de l’art est un marché phygital mais une solution digitale est à étudier plus en profondeur. Nous sommes à l’ère du Web 2.0 qui permet aux utilisateurs de contribuer voire de collaborer au contenu des sites. Mais l’ère du Web 3.0 arrive et il sera possible de confier toutes ces tâches aux technologies de l’IA et du Web sémantique.


Auteurs: Lu Jiang et Léa Renaud

Crédits sources:

  • The art market 2020, The Art Basel and UBS Global Art Market Report|2020.Disponible en ligne: https://www.artbasel.com/news/art-market-report
  • Jurgen Dsainbayonne. Objets d’art:Les enjeux de la Blockchain. 2017. ISSN 1148-7941 Disponible en ligne: https://www.cairn.info/revue-realites-industrielles-2017-3-page-50.htm?try_download=1
  • Hiscox.fr. 2020. Rapport Hiscox 2019 sur le marché de l’art en ligne. [online] Available at: <https://www.hiscox.fr/sites/france/files/documents/Etude_FR_Hiscox_OATR_2019_Digitale.pdf> [Accessed 31 May 2021].
  • LeMagIT. 2021. Que signifie Web 3.0? – Definition IT de Whatis.fr. [online] Available at: <https://www.lemagit.fr/definition/Web-30> [Accessed 1 June 2021].
  • Balayer, P., 2016. Émergence des modèles alternatifs de vente d’objet : remise en perspective du marché de l’art en ligne et focalisation sur la société Expertissim. [ebook] HAL. Available at: <https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01366801/document> [Accessed 1 June 2021].
  • Clouteau, I., 2009. Comment penser l’erreur en régie d’art contemporain ?. CeROArt, (3).
  • Elena Sidorova, The Cyber Turn of the Contemporary Art Market. Arts 2019 Disponible en ligne: https://www.mdpi.com/2076-0752/8/3/84

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