Learning experience : comment améliorer l’apprentissage à distance ?

22 novembre 2021

En mars 2020, le quotidien des étudiants français a été bouleversé par un premier confinement. Des mesures sanitaires impliquant la fermeture des universités et des écoles pour préserver la sécurité sanitaire de la population. La crise sanitaire et l’entrée en vigueur de nombreuses mesures ont empêché les étudiants de se rendre sur leur campus. Cela a induit de profonds changements dans la learning experience des étudiants et leur vécu en digital learning.

learning experience Skema Business School

Ainsi, enseignants comme étudiants ont été contraints de s’adapter à des outils digitaux continuer à assurer les cours. Ce changement d’habitudes a donc mené les parties prenantes du secteur académique à s’adapter et à accomplir, coûte que coûte, les objectifs de formation fixés à la rentrée. Un contexte des plus challengeants !

En outre, le rapport de l’enquête parlementaire mesurant les effets de la crise sanitaire sur la jeunesse atteste qu’un étudiant sur six a arrêté ses études. Un chiffre inquiétant qui nous pousse à remettre en question les dispositifs d’enseignement déployés lors de la crise. C’est pourquoi cel a nous pousse à nous interroger sur notre capacité à passer au digital learning sans détériorer le bien-être des étudiants. Sommes-nous correctement équipés, prêts pour cette transition? Et qu’en est-il du rôle des interactions interpersonnelles dans l’apprentissage ? Plusieurs questions auxquelles nous essayerons de répondre dans cette thèse.

Pourquoi s’intéresser à la learning experience ?

Fraîchement arrivées à Skema BS en février 2021, Laure et May ont connu une rentrée en 100% distanciel. Dans un tel contexte, elles ont pu observer les différents outils utilisés. Ainsi, elles ont elles-même connu des pain points dans leur expérience en tant qu’utilisatrices des plateformes et des éléments de satisfaction qui ont rendu leur expérience à distance agréable. Elles ont donc décidé, dans le cadre de leur thèse, de se pencher sur la question de la learning experience et de l’expérience utilisateur (UX) : comment ces deux notions peuvent-elles être liées et éventuellement améliorer la vie des étudiants ?

Quelques définitions pour mieux comprendre la learning experience

Avant de plonger dans le sujet, nous nous devons de définir les 3 piliers sur lesquels se reposera notre travail. Mais pas de panique, vous trouverez ci-dessous de quoi mieux comprendre les enjeux de cette thèse professionnelle:

  • Expérience humaine : l’expérience d’apprentissage vécue par les étudiants, dans son  caractère humain. Ce dernier s’illustre par la pyramide de Maslow. Cette pyramide montre clairement l’essence de l’Homme : cela s’étale sur 5 types de besoins différents. La dimension retenue dans le cadre de ce travail est la 3ème: les besoins sociaux. Nous désignons donc les interactions interpersonnelles, les rencontres, la création de liens, l’appartenance à un groupe, échanger et communiquer.
  • Digital learning : composé de 4 grands axes (matériel pédagogique digital, outils digitaux, livraison digitale, apprentissage autonome), le digital learning englobe deux concepts : e-learning et m-learning. Il désigne également toute activité pédagogique qui permet et facilite l’apprentissage par le biais de la technologie.
  • Interface utilisateur (UI) : il s’agit de tout ce qui est perceptible par l’utilisateur sur une plateforme. C’est ce qui fait le lien et permet l’interaction entre l’humain et la machine. Ainsi, dans un contexte digital, l’UI désigne tout élément lu, vu, cliqué, touché, etc, par l’utilisateur.

Les théories de l’apprentissage

Les fondements de la psychologie de la pédagogie pour une meilleure learning experience.

Pour répondre au mieux aux besoins des apprenants, il est nécessaire d’en savoir davantage sur les théories de l’apprentissage. Ainsi, ces théories ont été développées dans le but de mieux connaître les mécanismes de l’apprentissage.

infographie théories apprentissage

Outre le modèle transmissif, cognitivisme, constructivisme, socio-constructivisme et connectivisme constituent trois théories fondamentales dans les théories de l’apprentissage :

Le behaviorisme

Développée au début du XXème siècle, la théorie behavioriste s’appuie sur la répétition de stimuli externes et déclencher un certain comportement chez l’individu en cours d’apprentissage. Dans la pratique, les stimulis externes proviennent de l’environnement et sont de nature sensorielle. Ces stimulations sensorielles entraînent ensuite un comportement donné. La répétition de ces stimulations et ainsi du comportement permettra de créer un automatisme, l’individu aura alors appris un comportement. Cette théorie s’appuie notamment sur les travaux d’Ivan Pavlov, médecin russe et Prix Nobel, avec sa fameuse expérience du chien de Pavlov.

Le cognitivisme

En réaction au behaviorisme, le cognitivisme prend le partie de non plus se concentrer sur l’environnement extérieur de l’apprenant mais sur les mécanismes mentaux qui s’enclenche lors de l’apprentissage : mémoire à court et long terme, rétention de l’information, ou encore traitement de l’information sont les sujets traités par les fondateurs de la théorie cognitive. Par conséquent, les mécanismes humains mis en place lors de l’apprentissage sont comparés aux processus d’un ordinateur quant au traitement de l’information. Parmi les fondateurs, Robert Gagné a particulièrement développé les différentes conditions nécessaires à un apprentissage optimal.

Le constructivisme

Particulièrement étudiée par le psychologue suisse Jean Piaget ainsi que Lev Vygtoski, qui s’est particulièrement intéressé au socio-constructivsme. Le constructivisme est une théorie qui s’éloigne du béhaviorisme par l’idée que, tout comme le cognitivisme, l’apprentissage ne pourrait donc se résumer aux stimuli sensoriels présents dans l’environnement de l’apprenant. Dans cette perspective, l’apprentissage est construit grâce aux expériences déjà vécue par l’apprenant avant l’intégration de nouvelles connaissances. Ainsi, savoirs et comportements se construisent.

Le connectivisme

Pour conclure, XXIème siècle a vu se développer de nouvelles technologies de l’information et de la communication qui impactent entre autres la pédagogie. Le connectivisme vise donc à intégrer ces nouvelles technologies dans les pratiques didactiques actuelles. 

La solution pour une meilleure learning experience ?

Voilà, vous l’aurez compris, plusieurs aspects sont à étudier afin de pouvoir apporter une réponse concrète mais surtout faisable à la problématique en main. Pour ce faire, le binôme dynamique s’est orienté plutôt vers une approche exploratoire et une méthodologie mixte. Cette réflexion vient du fait que nous cherchons à maîtriser le phénomène dans sa globalité. 

D’abord, il s’agit de comprendre et identifier les réels pain points des étudiants de Skema par rapport à leur expérience dans le digital learning. Nous nous positionnerons donc sur du post-positivisme, tout en adoptant une approche déductive. Puis, une étude qualitative auprès des experts viendra compléter notre travail et aura comme objectif d’apporter des éléments de réponse aux pain points identifiés. Cette étape permettra d’enrichir le discours et les idées mais plutôt dans une optique constructiviste et inductive cette fois-ci.

En bref, l’objectif final est de développer un guide sur l’optimisation de l’interface utilisateur, tiré d’un ensemble de dispositif: données secondaires sous forme d’une revue de littérature approfondie et recherchée ; données primaires tirées des deux études quantitative et qualitative menées sur le terrain; et bien sûr, l’ingrédient secret, notre propre pincée de créativité. Tout cela visant ainsi à améliorer la learning experience !

Nos sources

Ivan Pavlov (1849-1936). Article « Le réflexe conditionnel », p. 258-284 in Œuvres choisies, dir. Kh. Kochtoïanz, Ėditions en langues étrangères, Moscou (1954), reprise et traduction d’un article de Pavlov dans la Grande Encyclopédie médicale (1934)

Kumar Basak, S., Wotto, M., & Belanger, P. (2018). E-learning, M-learning and D-learning: Conceptual definition and comparative analysis. E-learning and Digital Media, 15(4), 191-216.

Lin, M. H., & Chen, H. G. (2017). A study of the effects of digital learning on learning motivation and learning outcome. Eurasia Journal of Mathematics, Science and Technology Education, 13(7), 3553-3564.

Opquast. Guide de Cerification. Maîtrise de la qualité en projet Web Règles 2020. Version du guide : 4.07, 15 mars 2021.

Rocher, C. (2021, Mars 17. “Un an de crise sanitaire : les étudiants témoignent“. L’Etudiant. Consulté le 17 novembre 2021.

Roland Bauchot, « Le chien de Pavlov et la naissance de l’étude scientifique de la mémoire », Bibnum [En ligne], Sciences de la vie, mis en ligne le 01 avril 2010, consulté le 17 novembre 2021.

Ducret Jean-Jacques. 4.1. Jean Piaget et les sciences cognitives. In: Intellectica. Revue de l’Association pour la Recherche Cognitive, n°33, 2001/2. Piaget et les sciences cognitives, sous la direction de Jacques Montangero. pp. 209-229.

Forget-Dubois, Nadine (2020). Définitions et modalités de la formation à distance, Études et recherches, Québec, Conseil supérieur de l’éducation, p6.

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