La transformation digitale est actuellement un sujet primordial, qui est inévitable. En revanche il ne s’agit pas d’un sujet nouveau. En effet Michael Porter expliquait déjà à l’époque comment la technologie de l’information transformerait la compétitivité. Il y a plus de 30 ans, il avançait le fait que les entreprises se transformeraient grâce à « l’accès aux technologies de l’information, en permettant le flux d’information à des niveaux qu’il n’était pas possible d’atteindre précédemment » (Wessel, 2018).
Définitions et origines de la transformation digitale
En ce qui concerne le terme de transformation digitale, il n’existe pas de définition commune. Digitalisation, transformation numérique, mutation numérique, âge digital (Schallmo and Williams, 2017), ces différents termes peuvent s’interchanger à celui de transformation digitale.
- Selon D. Schallmo et C. A. Williams, la transformation digitale nécessite des compétences qui impliquent l’extraction de données ainsi que sa conversion en informations exploitables. Cette information est importante pour calculer et estimer les options. Elle facilite aussi la prise de décisions et le développement de certaines activités afin d’améliorer la performance et la notoriété d’une entreprise. La transformation numérique engage les entreprises, les modèles économiques, les processus et les relations. De même, que les produits, et bien d’autres choses (Schallmo et Williams, 2017).
- Pour Riemer, la transformation numérique se réfère
« aux changements induits par le développement des technologies numériques qui se produisent à un rythme effréné, qui bouleversent la manière dont est créée la valeur, les interactions sociales, la conduite des affaires et plus généralement, notre façon de penser »
Source: Riemer, 2013
Les deux définitions de la transformation digitale mettent l’accent sur l’implication des nouvelles technologies, la création de valeur, la recherche de performance (ou l’amélioration de l’efficacité) et l’impact sur les modèles économiques. Les nouvelles technologies sont donc à l’origine de la transformation digitale.

Les bonnes pratiques d’une transformation digitale
Dans l’article Digital Transformation : Drivers, Success Factors, and Implications, Osmunden explique que les facteurs clés de succès font référence aux éléments organisationnels essentiels pour accomplir la transformation digitale (Osmunden, 2018). De son côté, Avila ajoute que tout élément pouvant se présenter comme un facilitateur dans la mise en œuvre d’un projet est défini dans la littérature comme un facteur critique de succès (Avila, 2018).
D’autre part, Holotiuk et Beimborn définissent les facteurs clés de succès par quelques actions et domaines d’une entreprise qui sont d’une importance cruciale pour le succès de l’entreprise et pour assurer une performance concurrentielle réussie (Rockaert, 1981, cité dans Holotiuk & Beimborn, 2017). Ils mettent également l’accent sur le fait que les facteurs clés de succès peuvent conduire à un échec concurrentiel s’ils ne sont pas atteints. Dans ce contexte, ils peuvent être utilisés pour apporter des réponses à des questions en termes de développement d’une stratégie de transformation digitale efficace (Holotiuk & Beimborn, 2017).
La transformation digitale, aujourd’hui un défi pour les PME et TPE
Le passage au numérique n’est pas une réalité pour tous les secteurs et entreprises, ils ne sont pas tous au même niveau d’information et de veille. Pour les grandes entreprises, la digitalisation leur permet de gagner en efficacité et répondre aux besoins des clients (plateformes d’information et de vente en ligne, bornes interactives etc.) ainsi qu’aux collaborateurs (e-learning, outils de suivi etc.). Ils ont dépassé le seuil de réflexion et mis en œuvre des stratégies claires et définies de transformation digitale. Cependant, pour les PME et TPE, la situation est différente.
Beaucoup de PME/TPE négligent la digitalisation alors que de nombreux avantages en découlent, entre autres, une amélioration des processus internes, une ouverture à de nouvelles parts de marchés ou encore une optimisation de l’expérience client. Identifier les tendances de demain pour améliorer leur compétitivité et assurer leur pérennité sur le long terme, c’est le challenge des PME et TPE.

La crise sanitaire, une accélération du recours au digital
Twillio, principale plateforme de communication cloud dans le monde, a réalisé un rapport sur la transformation numérique des entreprises. Elle déclare que les entreprises ont connu une forte accélération du digital en raison de la crise sanitaire. IDC (International Data Corporation), premier groupe mondial de conseil et d’études sur les marchés des technologies de l’information.
Le groupe IDC a réalisé une étude pour Cisco Systems, une entreprise informatique américaine spécialisée dans les serveurs. Elle propose des solutions web conférences. Pour réaliser cette étude, IDC a interrogé 200 PME hexagonales. 94% ont affirmé que la crise sanitaire du COVID-19 les a conduits à être dépendants de la technologie. Selon le rapport, environ 30% des petites entreprises françaises ont affirmé qu’elles allaient investir dans le développement des solutions numériques. De plus, l’étude estime que les d’entreprises qui vont accélérer leur transformation digitale s’élève à plus de 70%. Enfin, selon l’étude 21% sont en « phase 3 », soit dans une réelle stratégie sur l’utilisation des stratégies numériques. 42% d’entre elles prévoient que plus de 30% de leur activité sera numérique d’ici à 2021.
Prioriser ses besoins, une nécessité pour les PME et TPE
Créer son site internet ou son profil sur les différents réseaux ne suffit pas pour réussir sa transformation digitale. En tant qu’entrepreneur, il est tout d’abord primordial de comprendre les nouveaux usages et comportements de ses clients. En effet, la pandémie a fait changer les habitudes d’achat de consommation des consommateurs (Etude l’Institut français d’opinion publique, 2020).
Assurément, il est important pour les TPE et PME de gagner du temps et de la visibilité. Cependant il faut faire attention à ne pas tout digitaliser à la va-vite. Il y a différentes options qui sont proposées aux entreprises. C’est à l’entreprise de décider l’option qui lui convient le mieux selon son temps, ses moyens financiers et humains (BPI France, 2019). Par exemple, l’entreprise peut commencer à agir de manière progressive en reconnaissant les services qui ont besoin d’être digitalisés. Elle continue ainsi à accroître son activité. L’entreprise peut effectuer une veille concurrentielle des outils ou sur son domaine en général afin de se positionner. Cependant, digitaliser ne veut pas dire qu’il faut obligatoirement tout automatiser.
En effet, il ne faut pas oublier que dans la conquête de nouveaux clients, l’humain est indispensable (CPME, 2019). Il communique les valeurs de l’entreprise à la clientèle. La digitalisation n’a pas pour but de remplacer l’homme. Il faut digitaliser, mais de manière avisée. Le digital évolue et il est donc nécessaire d’être toujours attentif aux transformations et changements technologiques. En effet, ceux-ci sont la réflexion des besoins et des usages de la société. Il est nécessaire de collecter les informations stratégiques pour permettre d’anticiper les évolutions et les innovations. Il s’agit pour l’entreprise d’un sujet d’adaptation continue à l’ensemble des éléments qui entourent l’entreprise (socialy, 2018).
Auteurs : Ana-Sophia CUBAS et Natacha DUCHMANN



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