Contrairement à beaucoup d’autres domaines dans l’industrie de la culture, le secteur de l’art contemporain souffre particulièrement del’ absence de la digitalisation

- La structure du marché de l’art contemporain
- Le tournant numérique du marché de l’art contemporain
- La relation complexe entre la digitalisation et les galeries d’art traditionnelles
Comment les nouvelles tendances de digitalisation sont-elles un outil de (re)positionnement du marché de l’art contemporain ?
La notion d’art est une expression des sentiments humains qui a un élément de beauté en elle et s’exprime à travers un médium qui est réel, que ce soit sous la forme de ton, d’apparence, de mouvement ou de poésie et peut-être ressenti par les cinq sens humains.
Après près de trois ans de pandémie de COVID-19, nous nous sommes presque habitués à des théâtres, des musées et à des salles de concert fermés, et nous avons largement recours au « streaming », aux collections en ligne et aux appels vidéo.
Les institutions culturelles qui étaient soudainement sous pression pour proposer des offres numérisées pour survivre au début de la pandémie ont maintenant eu le temps de s’adapter et d’innover.
Vient s’ajouter à tout cela, l’avènement de l’art digital ou digital art sur internet dans la sphère de la crypto-monnaie et la blockchain et qui génère d’énormes sommes d’argent pour les artistes numériques et les collectionneurs en ligne.
Les NFT, Une technologie qui fait trembler les galeries d’art en mettant en relation directement des artistes et les collectionneurs, comment ces nouvelles tendances du digital affectent et (re)positionnent le marché de l’art contemporain ?
La structure du marché de l’art contemporain
Le marché de l’art est un processus économique complexe qui implique la vente et la distribution d’œuvres d’art. Une première division peut être faite entre le marché de l’art classique et celui de l’art contemporain.
Le marché de l’art classique concerne les œuvres anciennes et modernes déjà entrées dans le patrimoine historique, tandis que le marché de l’art contemporain concerne les œuvres produites à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle. Ce type est difficile à définir en raison de sa grande variété, mais il est important pour la société car il permet d’exprimer des sujets sociaux et culturels.
Les galeries d’art traditionnelles et en ligne jouent un rôle important dans la promotion et la vente des œuvres d’art. Selon les rapports établis par Artprice, le marché de l’art contemporain représente environ 15 % du marché de l’art en termes de ventes de « Fine Art ».
Ce marché est constitué de plusieurs acteurs, dont les artistes, les collectionneurs et les médiateurs d’art commerciaux (galeries et maisons de ventes aux enchères). Le rôle des galeries d’art consiste à organiser des expositions, à promouvoir les artistes et à vendre leurs œuvres.
» Les collectionneurs sont de plus en plus enclins à acheter en ligne, en particulier les jeunes qui ont moins de 40 ans «
L’assistant de presse de la galerie Almin Rech
Le tournant numérique du marché de l’art contemporain
La digitalisation a bouleversé le marché de l’art contemporain, en transformant la manière dont l’art est échangé, consommé et évalué. Les médias sociaux ont ouvert des portes à la création de communautés dans le monde de l’art, mais peu d’acteurs du marché de l’art ont utilisé efficacement les applications du Web 2.0.
D’un côté, la blockchain, les crypto-monnaies et l’intelligence artificielle sont en train de transformer le marché de l’art contemporain en ligne. Les professionnels du marché considèrent que ces technologies ont le potentiel d’améliorer l’authentification, de protéger la vie privée des collectionneurs d’art et d’assurer la traçabilité des ventes et commissions d’art. Cependant, ces technologies présentent également des risques de fraude et de transactions douteuses.
D’un autre côté, la digitalisation des collections d’art permet aux amateurs d’art du monde entier d’avoir une expérience numérique ludique. Les musées collectent des informations sur les goûts et les comportements de leurs visiteurs grâce aux cookies.
Les marchés émergents tels que l’Inde digitalisent leur patrimoine culturel pour gagner en visibilité grâce à l’optimisation de leurs données artistiques pour les algorithmes des moteurs de recherche.
Les bases de données en ligne telles que Art.sy, Artprice et Artnet ont été alimentées par des données relatives aux œuvres d’art, aux artistes et aux écoles. Cette disponibilité en termes de bases de données en ligne et d’outils analytiques a permis des progrès dans la recherche quantitative sur le marché de l’art.
La relation complexe entre la digitalisation et les galeries d’art traditionnelles
Avant 2015, la vente d’art contemporain en ligne était rare, mais les galeries d’art commencent à se rendre compte de l’importance d’une présence numérique sur les médias sociaux (Instagram, Twitter…) et sur des plateformes en ligne comme Artsy, Artnet, Artspace.
Aujourd’hui, on peut observer un nouveau modèle commercial qui a émergé dans le domaine des galeries brick-and-mortar : le commerce d’art « hybride » en online-offline « . Ces dernières utilisent le cyberespace pour atteindre un nouveau segment de clients, offrant ainsi de nouveaux canaux de commercialisation. Les médias sociaux peuvent perpétuer les idées conventionnelles de l’art, mais ils offrent également aux plus petits musées, aux galeries commerciales et aux artistes amateurs une plateforme pour atteindre un public plus large.
Cependant, si Internet, avec ses faibles barrières à l’entrée, a effectivement permis un accès généralisé aux arts, et si les fonctionnalités interactives du Web ont facilité une expérience d’apprentissage plus personnalisée et immersive, cela a également créé un énorme déluge d’informations. La nécessité de passer au crible cette abondance d’informations et d’être capable d’identifier les connaissances artistiques pertinentes est devenue un défi important.

La problématique
Dans un monde où le numérique prend de plus en plus de place, l’art contemporain est-il en train de fuir la digitalisation à son détriment ? La digitalisation de l’art contemporain est-elle en train de marquer la fin de l’ère des ventes aux enchères et la fin de « l’aura » artistique ? Digitaliser l’art contemporain revient-il à en modifier l’essence même ? Ce travail de recherche permettra donc d’avoir une vision plus globale de l’impact de la digitalisation sur l’art contemporain ainsi que les freins qui poussent les galeries d’art à ne pas en saisir l’aubaine.
De nombreux acteurs résistent à la digitalisation et à l’innovation technologique. Alors que les musées et les institutions du secteur de l’art ont fait des bonds impressionnants en adoptant des innovations pour s’engager auprès des publics et une forte présence numérique, les conservateurs du marché de l’art, notamment les galeries et les maisons de vente aux enchères, ont été lents à adopter la digitalisation des bases de données qui contiennent des informations sur les prix, les détails des caractéristiques des œuvres d’art, la provenance et les enregistrements des ventes précédentes.
Le marché ne déroge pas à la règle : le confinement de la population mondiale et l’effet économique affectent fortement le marché des œuvres d’art.
Le digital se présente essentiel pour conquérir le marché de la digitale : Pour être accessible il faut être présent en ligne et dématérialiser les ventes.
Méthodologie
La revue de littérature nous a permis d’introduire et de définir le monde de l’art contemporain et la relation qu’il entretient avec la digitalisation. En effet, le monde de l’art contemporain semble ne pas suivre la même cadence de digitalisation que plusieurs autres domaines culturels mais a paradoxalement connu une démocratisation fulgurante avec l’avènement des nouvelles technologies de crypto-monnaies, NFT’s.
La digitalisation de l’art contemporain a servi à démocratiser ce domaine en suscitant un intérêt chez plusieurs personnes, mais qu’en pensent les galeristes ? Dans un monde ou le numérique prend de plus en plus de place, l’art contemporain est-il en train de fuir la digitalisation a son détriment ? La digitalisation de l’art contemporain est-elle en train de marquer la fin de l’ère des ventes aux enchère et la fin de « l’aura » artistique ? Digitaliser l’art contemporain revient-il à en modifier l’essence même ?
Ce travail de recherche permettra donc d’avoir une vision plus globale de l’impact de la digitalisation sur l’art contemporain ainsi que les freins qui poussent les galeries d’art à ne pas en saisir l’aubaine.
L’étude qualitative, nous permet de mener des entretiens pour recueillir des données qui ne sont pas disponibles. Nous envisageons de réaliser des entretiens avec des personnes qui sont en contact direct avec le monde l’art contemporain à savoir les gérants et les personnes travaillant dans des galeries d’art.
Donc le meilleur moyen pour nous d’avoir des données fiables et rapides était de questionner des galeristes.
Références
- Art Basel & UBS Report (2020). The Art Market 2020. Available on: https://d2u3kfwd92fzu7.cloudfront.net/The_Art_Market_2020-1.pdf
- Art Basel & UBS Report (2020). The Impact of COVID-19 on the Gallery Sector: A 2020 mid-year survey. Available on: https://d2u3kfwd92fzu7.cloudfront.net/The_Art_Market_Mid_Year_Survey_2020-1.pdf
- Henriette, E., Mondher, F. and Boughzala, I. (2015) “The Shape of Digital Transformation: A Systematic Literature Review,” in Ninth Mediterranean Conference on Information Systems (MCIS), Samos, Greece.
- Adam, G. (2014). Big Bucks: The Explosion of the Art Market in the Twenty-First Century. Farnham: Lund Humphries, ISBN 978-1848221383
- Radermecker, Anne-Sophie V. E, et Sybille du Roy de Blicquy. « L’art et son marché », Dossiers du CRISP, vol. 89, no. 1, 2018, pp. 13-150.
- Velthuis, O. (2014). The impact of globalization on the contemporary art market: The traditional gallery model at risk. In A. M. Dempster (Ed.), Risk and uncertaincy in the art world (pp. 87-108). Bloomsbury.



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