Google change aussi la recherche locale en Europe : annuaires et comparateurs gagnent une nouvelle place

22 septembre 2026

Après les produits, les hôtels ou encore les transports, Google poursuit la transformation de ses résultats de recherche en Europe.

Depuis le 18 septembre 2026, les nouvelles Aggregator Units et Supplier Units de Google peuvent également apparaître sur les recherches concernant des établissements locaux dans l’Espace économique européen. Google a confirmé cette extension directement dans son ⁠journal des mises à jour de Search Central.  

Derrière ces deux noms particulièrement mémorables — merci Google — se cache une évolution beaucoup plus intéressante qu’un nouveau format de résultat.

Pour une recherche locale, Google peut désormais donner une place spécifique à deux catégories d’acteurs : les agrégateurs, comme les annuaires ou certains comparateurs, et les entreprises qui fournissent directement le service recherché.

Pour un restaurant, un hôtel, un commerce physique ou un artisan, cela ajoute potentiellement un nouvel intermédiaire entre une requête Google et son propre site.

Et pour le SEO local, c’est une nouvelle SERP à comprendre.

Sommaire

Google étend ses nouveaux résultats aux recherches locales

Aggregator Unit : la nouvelle place réservée aux intermédiaires⁠

Supplier Unit : les commerces restent directement visibles⁠

Pourquoi Google fait-il cela spécifiquement en Europe ?⁠

Quels commerces sont concernés ?⁠

Les annuaires redeviennent-ils importants pour le SEO local ?⁠

Faut-il modifier son site ou son Google Business Profile ?⁠

Ce que les entreprises locales devraient surveiller⁠

Google Search devient de plus en plus différent en Europe⁠

Que retenir de cet article ?

⁠

Google étend ses nouveaux résultats aux recherches locales

Le changement est discret.

Le 18 septembre, Google a ajouté une ligne à son historique officiel des modifications de Search Central : ses Aggregator Units et Supplier Units prennent désormais en charge les requêtes concernant les entreprises locales.  

Ces formats étaient déjà disponibles dans l’Espace économique européen pour différentes verticales comme les hôtels, les vols, les transports terrestres ou les produits.

Les établissements locaux rejoignent maintenant la liste.  

Cela signifie qu’une requête locale peut faire apparaître une architecture dans laquelle Google distingue davantage :

les plateformes qui recensent ou comparent plusieurs établissements ;

et

les entreprises qui proposent directement le produit ou le service recherché.

Ce n’est pas simplement une nouvelle présentation du traditionnel pack local.

Google crée des espaces spécifiquement conçus pour représenter plusieurs catégories d’acteurs dans la même page de résultats.

Aggregator Unit : la nouvelle place réservée aux intermédiaires

L’Aggregator Unit est destinée aux services de recherche verticale, ou VSS (Vertical Search Services).

Google cite notamment :

  • les agences de voyage en ligne ;
  • les services de comparaison ;
  • les métamoteurs ;
  • les annuaires.

Pour les recherches locales, un agrégateur éligible peut fournir à Google plusieurs établissements correspondant à la requête de l’utilisateur.  

Google peut alors afficher les résultats provenant de cet intermédiaire directement dans une unité dédiée.

L’utilisateur peut également sélectionner un autre agrégateur lorsque plusieurs fournisseurs sont disponibles.

Point essentiel : lorsqu’un utilisateur clique sur un résultat présenté dans cette unité, il est envoyé vers le site de l’agrégateur concerné, et non directement vers celui de l’établissement.  

Voilà pourquoi cette évolution mérite l’attention des responsables SEO.

Une entreprise peut être présente dans Google…

…mais la visite être captée par une plateforme intermédiaire qui référence cette entreprise.

Un fonctionnement familier dans l’hôtellerie.

Beaucoup moins dans certains autres secteurs locaux.

Supplier Unit : les commerces restent directement visibles

Google n’a toutefois pas simplement décidé de transformer toutes les recherches locales en festival de comparateurs.

À côté de l’Aggregator Unit existe la Supplier Unit.

Cette unité est précisément destinée aux fournisseurs directs.

Google donne comme exemples les hôtels individuels, les compagnies aériennes, les propriétaires de commerces physiques ou encore les prestataires de services tels que les plombiers.  

Pour le commerce local, c’est évidemment la partie à regarder de près.

Google indique qu’un fournisseur direct peut être éligible si son site dessert des utilisateurs situés dans l’EEE et correspond à une requête locale concernée.

Et contrairement aux agrégateurs, aucun flux supplémentaire n’est obligatoirement nécessaire.

Google précise que les informations déjà accessibles grâce à l’exploration classique du site peuvent suffire pour apparaître dans la Supplier Unit. Des flux peuvent toutefois enrichir les résultats lorsqu’ils existent.  

Autrement dit : le site du commerce conserve une possibilité de visibilité directe.

Autre subtilité importante : la Supplier Unit n’apparaît que lorsqu’une Aggregator Unit est elle-même affichée.  

Les deux formats font donc partie du même mécanisme.

Pourquoi Google fait-il cela spécifiquement en Europe ?

Ce changement s’inscrit dans une transformation plus large de Google Search dans l’Espace économique européen.

Google présente officiellement ces évolutions comme de nouvelles opportunités offertes aux services de recherche verticale, services de comparaison, fournisseurs directs et fournisseurs de contenu.  

Cette architecture européenne intervient dans le contexte des modifications apportées à Search pour répondre au cadre réglementaire européen et, notamment, au Digital Markets Act.

Le sujet dépasse d’ailleurs largement le SEO local.

Nous avons récemment observé sur Datadoo la ⁠disparition d’une grande partie des résultats produits gratuits de Google Search en Europe.

La logique est proche : Google recompose progressivement certaines parties de ses SERP européennes afin de donner davantage de visibilité à différents acteurs de l’écosystème.

Le moteur européen commence donc à prendre une physionomie différente de celle observée ailleurs dans le monde.

Et cette fois, les commerces de proximité entrent dans l’équation.

Quels commerces sont concernés ?

Google parle très largement de local businesses.

La documentation ne limite pas la fonctionnalité à quelques métiers particuliers.

Les exemples officiels mentionnent explicitement les propriétaires d’établissements physiques et les prestataires de services comme les plombiers.  

On peut donc potentiellement retrouver cette logique sur des recherches concernant :

restaurants, commerces, artisans, services de proximité, établissements physiques et autres activités répondant à une intention locale.

Cela ne signifie évidemment pas que l’Aggregator Unit apparaîtra systématiquement sur chaque recherche locale.

Google précise que, comme pour ses autres fonctionnalités de recherche, l’affichage dépend de la requête et de ce que ses systèmes jugent utile pour l’utilisateur.  

Une recherche locale classique ne va donc pas nécessairement se transformer du jour au lendemain.

Mais Google dispose désormais officiellement de cette possibilité dans l’EEE.

Les annuaires redeviennent-ils importants pour le SEO local ?

Voilà probablement la question la plus intéressante.

Pendant des années, la stratégie locale s’est largement concentrée autour d’un trio :

Google Business Profile + site local optimisé + avis.

Les annuaires ont progressivement perdu une partie du prestige qu’ils pouvaient avoir aux débuts du référencement local.

La nouvelle architecture européenne pourrait cependant leur redonner une place plus visible dans certaines SERP.

Pas parce qu’un vieux lien d’annuaire serait soudain devenu une arme SEO miraculeuse.

Mais parce que Google dispose maintenant d’un emplacement explicitement conçu pour afficher des résultats provenant d’agrégateurs.

Pour apparaître dans l’Aggregator Unit, ces plateformes doivent être approuvées comme VSS, respecter les critères de qualité de Google et fournir les données nécessaires.

Pour les requêtes locales, Google demande notamment aux agrégateurs concernés de passer par un Local Point of Interest Feed.  

Tous les annuaires du Web ne vont donc pas apparaître miraculeusement en haut des SERP.

En revanche, être correctement présent chez les plateformes qui deviennent éligibles pourrait prendre davantage de valeur.

Le SEO local pourrait ainsi devenir un peu plus distribué :

être bien référencé sur Google, évidemment,

mais également

être correctement référencé dans les sources que Google choisit lui-même d’afficher.

Faut-il modifier son site ou son Google Business Profile ?

À ce stade, Google ne demande pas aux fournisseurs directs d’installer un nouveau balisage spécifique pour apparaître dans la Supplier Unit.

La documentation précise même qu’aucune donnée supplémentaire au-delà de ce qui est accessible par le crawl n’est nécessaire pour être éligible.  

Ce n’est donc pas le moment de chercher un nouveau plugin WordPress intitulé « Google Supplier Unit SEO Pro ».

Les fondamentaux restent beaucoup plus intéressants.

Le site doit permettre à Google de comprendre clairement :

  • quelle entreprise il représente ;
  • où elle se trouve ;
  • quels services elle propose ;
  • quelles zones elle dessert ;
  • comment la contacter.

Les données structurées LocalBusiness restent également utiles pour communiquer à Google des informations telles que l’adresse, les horaires ou la nature de l’établissement. Google recommande d’utiliser le sous-type LocalBusiness le plus précis possible.  

Il faut toutefois distinguer les deux mécanismes : les données structurées LocalBusiness ne constituent pas une condition spécifique annoncée pour entrer dans la Supplier Unit.

Même prudence avec Google Business Profile.

La nouvelle documentation porte sur Google Search et l’éligibilité des sites à ces nouvelles unités. Il serait prématuré d’affirmer que l’optimisation d’une fiche Business Profile constitue un levier direct spécifique pour cette fonctionnalité.

Ce que les entreprises locales devraient surveiller

Le premier travail n’est donc pas forcément technique.

Il est visuel.

Faire les recherches importantes pour son activité et regarder ce que Google affiche réellement.

Sur les requêtes stratégiques, il devient intéressant de relever :

  • l’apparition éventuelle d’une Aggregator Unit ;
  • les plateformes qui y sont représentées ;
  • la présence ou non de l’entreprise dans leurs résultats ;
  • l’apparition de fournisseurs directs ;
  • et l’évolution du taux de clic vers le site.

Si un comparateur ou un annuaire commence à occuper un espace important sur une requête stratégique, la question n’est plus seulement :

« Suis-je bien positionné sur Google ? »

Elle devient aussi :

« Suis-je présent dans les sources auxquelles Google vient de donner de la place ? »

Nuance assez importante. Et probablement le véritable enjeu SEO de cette évolution.

Google Search devient de plus en plus différent en Europe

Pris isolément, ce changement pourrait ressembler à une expérimentation supplémentaire dans une SERP déjà bien remplie.

Mais il rejoint plusieurs évolutions européennes récentes.

Google documente désormais explicitement des expériences régionales différentes : Aggregator Units, Supplier Units, carrousels dédiés à certains fournisseurs de contenu ou encore fonctionnalités particulières destinées aux comparateurs.  

Les données structurées en carrousel peuvent elles aussi concerner les établissements locaux dans l’EEE.  

Et parallèlement, la visibilité des produits gratuits dans les SERP européennes vient d’être profondément remaniée, comme nous l’avons détaillé dans notre ⁠analyse de Google Shopping en Europe.

Le constat devient difficile à ignorer :

faire du SEO en Europe signifie de moins en moins travailler sur exactement le même Google que partout ailleurs.

Pour les e-commerçants, cela commence à être visible.

Pour les commerces locaux, ça commence maintenant.

Que retenir de cet article ?

  • Depuis le 18 septembre 2026, Google prend officiellement en charge les recherches concernant les entreprises locales dans ses Aggregator Units et Supplier Units européennes.  
  • L’Aggregator Unit donne un espace spécifique aux plateformes regroupant plusieurs fournisseurs : annuaires, comparateurs et autres services de recherche verticale.  
  • Un clic effectué dans cette unité dirige l’utilisateur vers l’agrégateur.
  • La Supplier Unit permet parallèlement aux commerces et prestataires directs d’apparaître dans un espace dédié.  
  • Google ne demande pas de nouveau flux obligatoire aux fournisseurs directs : les informations accessibles par crawl peuvent suffire.
  • Pour les agrégateurs locaux, la participation nécessite en revanche notamment une intégration de données adaptée et le respect des critères de Google.
  • Il est trop tôt pour annoncer la revanche générale des annuaires, mais leur visibilité peut prendre une nouvelle importance sur certaines requêtes locales.
  • Pour les entreprises, le premier réflexe est de surveiller les SERP réellement affichées et d’identifier les plateformes présentes dans les Aggregator Units.
  • Cette évolution confirme surtout la différenciation croissante de Google Search dans l’EEE.

Sources

⁠Google Search Central — Latest Google Search Documentation Updates

⁠Google Search Central — Aggregator Unit in Google Search

⁠Google Search Central — Supplier Unit in Google Search

⁠Google Search Central — Regional differences in Search experience

⁠Google Search Central — Données structurées LocalBusiness

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